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  <title>ACEP, Alliance avec les Chrétiens en Politique</title>
 <description><![CDATA[Les derniers articles du site de  ACEP- l'Alliance avec les Chrétiens en Politique -]]></description>
  <link>http://www.chretiensenpolitique.eu</link>
  <language>fr</language>
  <dc:date>2010-03-11T19:36:14+01:00</dc:date>
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   <title>Relancer l’idée forte d’Europe des Régions.</title>
   <pubDate>Wed, 24 Feb 2010 10:50:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>morucci@orange.fr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Entrez en Europe]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/1903639-2609672.jpg" alt="Relancer l’idée forte d’Europe des Régions." title="Relancer l’idée forte d’Europe des Régions." />
     </div>
     <div>
      Les élections régionales sont l’occasion singulière de  relancer l’Europe des Régions. En cette période où les États-nations maintiennent , voire développent, une compétition entre eux, la dimension européenne est mise à l’écart dans nombre de dossiers. On le voit notamment dans la crise de l’euro. Le rôle international de l’Union est minimisé voire même occulté.        <br />
       Du point de vue de la subsidiarité, de la définition des territoires, dans l’interaction permanente entre global et local, la région est la dimension idéale pour atteindre des objectifs environnementaux, de développement soutenable, d’innovation politique et économique, de formation de nos jeunes et tout au long de la vie, d’emploi et de mobilité, de relations culturelles et d’affirmations identitaires.        <br />
       La subsidiarité est un outil qui permet de donner élan fort aux relations avec les institutions de l’Union et en particulier l’une d’entre elles, souvent ignorée et consultative,  mais pourtant active et essentielle dans la définition des politiques de proximité, je veux parler du Comité des Régions.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;"><div><a href="http://www.prenezlaparole.com/" title="Une journaliste  vous fait profiter de 27 ans d'expérience d'animation radio">Maîtrisez votre Trac et Prenez la Parole en Public</a>
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<br>
<br></div></div>
]]>
</description>
   <photo:imgsrc>http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/imagette-1903639-2609672.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chretiensenpolitique.eu/Relancer-l-idee-forte-d-Europe-des-Regions_a2202.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Un agenda économique pour l'Europe</title>
   <pubDate>Thu, 11 Feb 2010 20:18:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-François Jamet </dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Entrez en Europe]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
 mi-2010, les leaders européens doivent formuler une stratégie économique commune pour l'Union européenne à l'horizon 2020. Les défis sont nombreux : déséquilibre des finances publiques et risques sur la stabilité financière, recul de l'emploi et affaiblissement de la croissance potentielle, avenir de la protection sociale dans le contexte du vieillissement de la population, déséquilibres macroéconomiques dans et hors de l'Union, nouveau visage de l'économie mondiale, investissement nécessaire dans la formation et l'innovation et adaptation de l'économie aux défis environnementaux. Ce constat ne doit pas inciter au pessimisme ou au fatalisme, il doit au contraire renforcer la détermination des leaders européens à élaborer un agenda économique européen ambitieux, opérationnel et détaillé pour les années qui viennent, en tirant les leçons de la crise et des limites rencontrées par la Stratégie de Lisbonne.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/1878700-2570462.jpg" alt="Un agenda économique pour l'Europe" title="Un agenda économique pour l'Europe" />
     </div>
     <div>
      Dix ans après le Conseil européen de Lisbonne de mars 2000, qui avait posé les bases d'une stratégie économique européenne qui a pris son nom, les 27 Chefs d'Etat et de gouvernement se réunissent le 11 février prochain pour discuter de la stratégie économique de l'Union à l'horizon 2020. Le contexte n'est bien sûr pas le même. Tandis que l'euphorie des années de la bulle Internet dominait en 2000, l'Europe commence seulement à se relever de la crise économique la plus sévère qu'elle ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale. Les défis à court, moyen et long termes ne manquent pas : la recapitalisation des banques n'est pas encore achevée, les finances publiques de certains Etats membres sont sur une trajectoire insoutenable, le chômage a fortement augmenté, le vieillissement de la population pose la question du financement de la protection sociale, la croissance potentielle est faible, le changement climatique impose une transformation de grande ampleur des modes de consommation et de production, la concurrence internationale est intense et les déséquilibres macroéconomiques affectent à la fois l'Europe et le monde.        <br />
               <br />
       Ce constat ne doit pas inciter au pessimisme ou au fatalisme, il doit au contraire renforcer la détermination des leaders européens à élaborer un agenda économique européen ambitieux et opérationnel pour les années qui viennent. Le contexte y est du reste favorable. L'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, les élections européennes et le renouvellement de la Commission européenne ont conduit à une mobilisation de chacune des composantes du triangle institutionnel européen en vue de réfléchir aux orientations stratégiques de l'Union. Herman Van Rompuy, qui préside le Conseil européen pour les deux années et demie à venir, souhaite que les Chefs d'Etat et de gouvernement s'implique plus personnellement dans ce débat et a pris l'initiative de réunir le Conseil européen le 11 février à cette fin. José Manuel Barroso, qui a été reconduit à la tête de la Commission, a lancé une consultation publique ainsi que différentes missions visant à réfléchir au contenu de la stratégie 2020 de l'Union européenne, en vue d'en faire une "économie sociale de marché plus verte et plus intelligente" [1]. L'ensemble des acteurs européens (Etats membres, institutions communautaires, acteurs de la société civile, experts, organisations internationales, etc.) sont appelés à apporter leur contribution dans ce cadre.        <br />
               <br />
       Il faut donc construire sur cette dynamique et le Conseil européen aura un rôle particulièrement important dans ce contexte. Il lui revient d'afficher une volonté commune de relever les défis lancés à l'Europe et de fixer un cadre programmatique crédibilisant ses engagements. Pour cela, il lui faut tirer les leçons de la crise et identifier les risques associés à l'après-crise, soulignés par les expériences passées comme celles des pays européens dans les années 1980 ou du Japon au cours des années 1990. Il lui faut également tirer les conséquences de l'échec relatif de la Stratégie de Lisbonne, dont les objectifs principaux (en termes de taux d'emploi, de gains de productivité et de dépenses de R&D) n'ont pas été atteints [2] : l'obligation de résultat sur laquelle s'appuyait la stratégie de Lisbonne a disparu à mesure que la probabilité d'atteindre les objectifs fixés diminuait. Il est essentiel que le Conseil européen et la Commission en reviennent à une obligation de moyens, c'est-à-dire qu'ils traduisent leur vision en un programme de mesures concrètes, dont la mise en œuvre sera directement vérifiable et incarnera aux yeux des citoyens le volontarisme politique de leurs dirigeants.       <br />
               <br />
       Le but de cette étude est de présenter brièvement ce que pourrait être un tel agenda économique, en en identifiant les défis, les objectifs, les mesures opérationnelles et les priorités en termes de calendrier.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Auteur : Jean-François Jamet : Ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure et de l’Université Harvard, est économiste et enseigne à Sciences-Po (http://www.jf-jamet.eu/)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>1.Restaurer la stabilité financière et la soutenabilité des finances publiques</b></div>
     <div>
      L'économie européenne n'est pas encore complètement sortie de la crise financière. Certes, les marchés boursiers ont rebondi et les banques ont bénéficié des mesures de soutien des Etats et des banques centrales pour renforcer leur bilan. Mais l'investissement continue de reculer, les banques n'ont pas encore enregistré toutes les dépréciations d'actifs encourues du fait de la crise financière, l'économie est encore sous perfusion de fonds publics et la Banque centrale européenne doit encore maintenir une partie de ses instruments d'intervention exceptionnels. Plus grave, la récession a conduit à une large augmentation de la dette publique des Etats membres, en raison de la réduction des recettes fiscales entraînée par le recul de l'activité et de l'augmentation des dépenses du fait des plans de relance. Jusque là, les investisseurs avaient fui les placements privés et préféré la "sécurité" des titres de dette publics, permettant ainsi le financement des déficits publics exceptionnels liés à la crise à des taux très bas. Mais à mesure que l'activité reprend, les investisseurs cherchent des placements plus rentables et se montrent plus sélectifs face aux Etats emprunteurs. Les Etats fragilisés par des déficits jumeaux (déficit de la balance commerciale et déficit budgétaire) et par des perspectives de reprise peu encourageantes sont les premiers dont les investisseurs se retirent. Pour continuer à trouver des créanciers, ils doivent dès lors accepter de payer des taux d'intérêt plus élevés qui rendent plus difficiles la réduction du niveau d'endettement : le risque est qu'un cercle vicieux se forme où hausse des taux d'intérêt et de la dette s'auto-entretiennent. La dette est alors insoutenable et un ajustement brutal est nécessaire, qui suscite l'inquiétude des marchés et les protestations de la population de l'Etat concerné, confrontée à une hausse des impôts et à une baisse des dépenses.        <br />
               <br />
       Le cas de la Grèce illustre cette situation après la Hongrie, la Lettonie et la Roumanie (aidées par le FMI et l'UE) mais d'autres pays sont également exposés, notamment l'Irlande, le Portugal et l'Espagne [3]. La Grèce est sur le devant de la scène parce que sa situation apparaît comme un test de la solidité de la zone euro. De facto, l'euro protège les économies les plus fragiles en limitant la hausse des taux d'intérêt et en évitant une crise de change. Mais les investisseurs s'inquiètent que l'euro protège au point que les Etats membres n'aient pas les incitations suffisantes à assainir les finances publiques. Ce phénomène d'aléa moral est la justification du pacte de stabilité et de croissance mais celui-ci est relativement abstrait puisque la plupart des pays ne respectent ni l'objectif de déficit ni celui d'endettement public. Il explique aussi pourquoi les Etats membres de la zone euro sont réticents à garantir qu'un Etat laxiste dans sa gestion sera aidé par ses voisins plus rigoureux : ils ne veulent pas donner aux marchés le sentiment qu'il n'y a pas de force de rappel ni aux citoyens qu'ils devront payer pour les erreurs des autres. Dès lors, les différentiels de taux d'intérêt entre Etats membres de la zone euro ne sont pas en eux-mêmes un problème dès lors qu'ils créent une incitation suffisante à l'assainissement budgétaire dans les pays dont les finances publiques sont déséquilibrées. Ils le deviennent dès lors que les investisseurs paniquent et créent, par l'effet d'une prophétie auto-réalisatrice et de la spéculation, un risque réel de défaut.        <br />
               <br />
       Compte tenu de la situation différente des Etats membres à la fois en termes de dette publique et de fragilité macroéconomique, les mesures nécessaires varient d'un Etat membre à l'autre. Il existe néanmoins un point de départ commun : assurer la complète recapitalisation des banques privées et la solidité du système financier. C'est en effet une condition nécessaire pour éviter que le retrait progressif des mesures de soutien de l'activité ne replonge l'économie dans une crise financière que l'Etat n'aurait en outre plus les moyens d'affronter [4]. Assurer que les besoins de recapitalisation des banques sont entièrement explicités auprès des régulateurs nationaux et européens et des Etats membres est donc une condition préalable. Des plans nationaux de retour à l'équilibre des finances publiques doivent être établis en parallèle et le début de l'effort d'assainissement doit intervenir d'autant plus tôt que le risque d'insoutenabilité de la dette publique est élevé. Il est essentiel que les plans ainsi établis soient crédibles, à la fois pour les investisseurs (de façon à les rassurer et à stopper la hausse des taux d'intérêt) et pour la Banque centrale (de façon à ce qu'elle puisse maintenir une politique monétaire accommodante et de bas niveaux des taux directeurs).       <br />
               <br />
       Il suit de l'analyse qui précède un ensemble de recommandations visant à permettre à l'Union de réellement sortir de la crise financière à court terme, d'assainir durablement les finances publiques des Etats membres à moyen terme et d'éviter le renouvellement de crise de cette ampleur à long terme. Si les échéances varient dans le temps, un engagement crédible des chefs d'Etat et de gouvernement est dès maintenant nécessaire sur l'ensemble de ces composantes pour donner une visibilité aux acteurs économiques et renforcer l'efficacité des mesures prises à court terme.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">a.Sortir de la crise financière à court terme</span>       <br />
               <br />
       - Définir un plan européen de sortie de crise, s'appuyant sur un séquençage des mesures et leur supervision par la Commission et le Conseil ECOFIN. Ce séquençage devrait obéir aux étapes suivantes: présentation par les Etats membres de l'état d'avancement de leurs plans de recapitalisation des banques et accélération de la mise en œuvre de ces plans si nécessaire, et engagement des Etats membres sur des plans d'assainissement budgétaire nationaux débutant dès 2010 pour les Etats les plus fragiles et en 2011 pour les autres. Des contacts informels entre la BCE, la Commission et le Conseil seront nécessaires pour assurer la coordination des politiques monétaire et budgétaire de sortie de crise. Enfin, ce plan européen de sortie de crise supposera un effort de communication commun des chefs d'Etat et de gouvernement pour expliquer à l'opinion publique européenne la nécessité d'assainir les finances publiques ;       <br />
       - Même si ce point ne doit pas être officiellement envisagé à ce stade en raison de l'effet pervers qu'il pourrait avoir sur les marchés, il convient de déterminer quelle serait l'attitude des Etats membres de la zone euro en cas de risque imminent de défaut de l'un de ses membres. La solution la plus crédible, même si son fondement juridique dans les traités est incertain, consisterait à créer de facto une forme de FMI européen, donc à créer un fonds, alimenté par les Etats membres à proportion de leur PIB (avec une dispense temporaire pour les Etats risquant de faire défaut), qui pourrait prêter à l'Etat membre en difficulté à échéance courte et avec des taux d'intérêts réduits en liant ce prêt à la mise en œuvre de mesures d'assainissement des finances publiques et de réformes de sa gouvernance budgétaire. En l'absence d'un accord, la seule alternative pour les Etats en risque de défaut consisterait à faire appel au FMI.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic"> b.Assainir durablement les finances publiques des Etats membres à moyen terme</span>       <br />
               <br />
       - Adopter un "code de responsabilité budgétaire" européen incitant les Etats membres à harmoniser leurs processus et leurs calendriers afin de mieux associer les Parlements nationaux, la Commission et le Conseil aux débats budgétaires nationaux et européen ;       <br />
       - Proposer un engagement des Etats membres en matière de retour à l'équilibre budgétaire. De façon à assurer la crédibilité de cet engagement, les Etats membres pourraient se doter d'une règle constitutionnelle comparable à  celle dont s'est dotée l'Allemagne.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">c.Eviter le renouvellement de la crise à long terme</span>       <br />
               <br />
       - La crise a rappelé à quel point des prises de risque excessives et des leviers d'endettement trop élevés pouvaient être dangereux pour l'économie dans son ensemble.  Il est donc essentiel que l'effort qui a été entamé en vue de renforcer la supervision bancaire et financière soit poursuivi. Les mesures suivantes doivent être envisagées au niveau européen et international : renforcer les exigences en matière de capital, de liquidité et de transparence des engagements; réduire les risques associées aux marches OTC (over the counter, de gré à gré) en créant des chambres de compensation à l'échelle européenne [5]; tirer les leçons de la crise en matière de gestion des crises bancaires transfrontalières en établissant des lignes directrices ; imposer des plafonds au trading pour compte propre des banques commerciales [6] ; réduire la procyclicité des acteurs financiers en imposant des provisions contracycliques [7] aux banques et en révisant les règles applicables aux bonus, aux agences de notation et aux hedge funds.         <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>2.Répondre au défi de l'emploi, du vieillissement et du capital humain</b></div>
     <div>
      A l'occasion de la crise, le taux de chômage a fortement progressé en Europe. Il atteint 9,6% dans l'Union et 10% dans la zone euro. Certains Etats membres sont particulièrement touchés : les pays baltes (notamment la Lettonie, avec un taux de chômage de 22,8%), l'Espagne (19,5%), la Slovaquie (13,6%) et l'Irlande (13,3%). La crise a rappelé la fragilité structurelle de catégories de population dont l'inclusion sur le marché du travail est plus faible : les jeunes (moins de 25 ans), les plus de 50 ans, les intérimaires, ou les femmes seules ayant des enfants à charge.        <br />
               <br />
       Pour autant, la crise ne remet pas en cause la pertinence des efforts entrepris en matière d'emploi avant la crise. Le taux d'emploi avait en effet augmenté de 62% en 2000 à 66% en 2008 (il est depuis revenu à 64.8%) à la fois dans l'Union et dans la zone euro. Les systèmes européens d'indemnisation du chômage jouent un rôle utile d'amortisseur social dans le contexte actuel. Renforcer l'employabilité des séniors, des jeunes, des femmes ayant des enfants à charge et des personnes peu qualifiées reste un objectif prioritaire. Il est essentiel de réduire la durée de recherche d'emploi en améliorant l'accompagnement des transitions professionnelles. Enfin, la désindustrialisation que connaissent certains secteurs et certaines régions rend nécessaire la reconversion des salariés et la formation aux métiers où des emplois sont créés.        <br />
               <br />
       Au-delà de la question de l'emploi, se pose la question de la protection sociale. La lutte contre la pauvreté doit continuer (17% de la population européenne vivait en 2007 dans des ménages disposant d'un revenu inférieur à 60% du revenu médian après transferts sociaux) et le modèle social européen doit être préservé. Mais le vieillissement de la population pose la question du financement de la protection sociale. La part de la population européenne âgée de plus de 60 ans est de 22,4% : elle devrait atteindre 25% en 2020 et 30% en 2030. Ce vieillissement, combiné au recul de la population en âge de travailler, lance plusieurs défis car il va déséquilibrer les comptes sociaux en accroissant les dépenses de santé et de retraite et ralentir la croissance potentielle. Il modifie également l'équilibre intergénérationnel : de plus en plus, ce sont les personnes âgées qui devront aider les générations plus jeunes. Les générations plus âgées concentrent en effet une part croissance de la richesse patrimoniale et représentent un vivier de compétences qu'il faudra savoir transmettre de façon à préserver certains savoirs et savoir-faire essentiels au succès économique des entreprises européennes. De la même façon la transmission d'entreprises est un défi croissant.       <br />
               <br />
       Au-delà de la question de l'emploi et de la protection sociale, c'est plus largement celle du capital humain qui se pose. Les compétences sont un facteur décisif de la compétitivité et des choix de localisation des entreprises. Le niveau de qualification de la population et sa capacité d'adaptation au changement technologique ont un impact direct sur le niveau du chômage et des inégalités. L'effort de formation est dès lors décisif : il doit concerner la formation initiale (ou les objectifs prioritaires doivent être de réduire l'échec scolaire et de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes) et la formation continue (mise à jour des compétences, notamment en matière de TIC, et capacité à réorienter les personnes perdant leur emploi). Enfin, la santé est une composante essentielle du capital humain. Le maintien en activité et en bonne santé des personnes âgées, la protection de la santé des travailleurs exposés à la pression de la vie professionnelle, et l'accès au soin des jeunes exposés à la pauvreté (afin d'éviter qu'ils ne soient pénalisés dans leurs études) est une condition déterminante du bien-être de la population et du dynamisme économique européen.       <br />
               <br />
       Compte tenu de ces défis, les mesures suivantes devraient être adoptées :       <br />
       - Adopter un cadre européen garantissant l'accès des chômeurs à des dispositifs de formation renforcés en vue de faciliter la reprise d'emploi (ou d'études) et de rendre employable les chômeurs de longue durée. Les Etats membres seraient invités à développer des formations en adéquation avec le marché du travail, l'évolution des TIC et les différents niveaux de départ des personnes à former. Plus généralement, il conviendrait d'envisager l'institution d'un droit à la formation tout au long de la vie et faciliter au sein des universités l'intégration de salariés et des chômeurs soit dans le cadre des programmes universitaires existants soit dans le cadre de nouveaux programmes ;       <br />
       - Définir des objectifs nationaux d'augmentation de l'investissement par étudiant dans l'enseignement supérieur ;       <br />
       - Créer un plan européen de lutte contre l'échec scolaire ;       <br />
       - Renforcer la mobilité des étudiants européens en créant des examens européens standardisés pour l'entrée en licence et en master dans des pays autres que le pays de résidence (sur le modèle des examens "SAT", "GRE" et "GMAT" américains) ;       <br />
       - Donner aux universités européennes les moyens de former plus d'étrangers et faciliter leur intégration en vue de renforcer l'immigration qualifiée en Europe ;       <br />
       - Adopter des propositions législatives au niveau européen visant l'interdiction des discriminations à l'embauche en fonction de l'âge (comme cela existe aux Etats-Unis) et l'aménagement des conditions de travail des séniors, en vue de faciliter leur emploi ;       <br />
       - Renforcer le rôle de la Fondation européenne pour l'amélioration des conditions de vie et de travail et lancer une initiative européenne en faveur de la responsabilité sociale des entreprises ;       <br />
       - Créer un Fonds européen d'adaptation à l'environnement destiné à financer des projets locaux visant à aider les travailleurs et les entreprises en difficulté du fait des conséquences des politiques environnementales [8] ;       <br />
       - Présenter des programmes nationaux de réforme des systèmes de protection sociale de façon à favoriser la portabilité des droits d'un Etat membre à l'autre et à préserver la viabilité financière des systèmes de santé et de retraite ;       <br />
       - Créer un objectif européen de réduction de la pauvreté, avec une attention particulière accordée aux enfants pauvres, aux travailleurs pauvres et aux mères célibataires. Chaque Etat membre serait invité à présenter un programme national de lutte contre la pauvreté ainsi que les meilleures pratiques associatives ou publiques recensées. L'Union pourrait participer directement à cette initiative au travers du Fonds social européen.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>3.Résorber les divergences économiques internes à l'Union européenne</b></div>
     <div>
      Le succès de l'euro ne doit pas masquer une tendance à l'accroissement des déséquilibres économique internes à la zone euro et à l'Union depuis 2000. Ces déséquilibres se caractérisent par l'éloignement progressif des structures économiques entre les pays qui ont réduit les coûts du travail et vu leurs exportations jouer un rôle croissant tandis que la consommation stagnait en raison de la faible progression des salaires et de la maîtrise des dépenses publiques (par exemple l'Allemagne) et les pays qui ont vu une croissance régulière de la consommation soutenue soit par l'expansion du crédit, soit par des politiques économiques de soutien du pouvoir d'achat, tandis que leur compétitivité à l'exportation reculait (par exemple la France). Ces déséquilibres internes ont conduit à des situations très différentes en matière de balance commerciale, d'état des finances publiques, d'évolution des prix de l'immobilier ou encore d'endettement des ménages et de prise de risque du secteur financier. Ils ont aussi créé des intérêts économiques divergents, rendant plus difficile la coordination des politiques économiques dans la zone euro.        <br />
               <br />
       Ces divergences sont apparues au grand jour avant la crise, notamment au travers de politiques budgétaires insuffisamment coordonnées. Le résultat a été un policy mix européen sous-optimal : une politique budgétaire trop accommodante et une politique monétaire trop rigoureuse.  Cette divergence s'est poursuivie au début de la crise : les Etats membres se sont opposés jusqu'à tardivement sur le risque de récession lui-même puis sur la taille et les instruments adéquats des plans de relance. L'ampleur de la récession a finalement conduit à réduire dans une certaine mesure les divergences de vue, chaque Etat membre cherchant à éviter la catastrophe et retrouvant ainsi les réflexes de solidarité. Un effort de convergence est de nouveau nécessaire pour accroître à moyen terme la cohérence des politiques économiques des Etats membres et faciliter la coordination avec la politique monétaire de la Banque centrale européenne.        <br />
       Cet effort pourrait prendre la forme suivante :       <br />
       - Renforcer la présidence de l'Eurogroupe en la dotant d'un cabinet permanent à Bruxelles ;       <br />
       - Créer un conseil d'analyse économique composé d'économistes de premier plan auprès des  présidents du Conseil européen et de l'Eurogroupe ;       <br />
       - Préparer une réforme plus générale de la gouvernance de la zone euro. Cette réforme devrait notamment intégrer la supervision de l'endettement privé et de la balance des paiements. Elle devrait également préciser et faciliter les modalités de discussion des objectifs de taux de change au sein de l'Eurogroupe ;       <br />
       - En termes de supervision, l'agenda économique de l'Union devrait être réexaminé et évalué chaque année à l'occasion d'un Sommet économique et social européen.  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>4.Définir une stratégie économique globale pour l'Europe</b></div>
     <div>
      Le visage de l'économie mondiale a changé et va continuer de se transformer. Les pays émergents ont un rôle de plus en plus important. La Chine est devenue le principal exportateur mondial devant l'Allemagne et son poids économique devrait dépasser celui de l'Union en 2027. L'Inde verra bientôt sa population en âge de travailler dépasser celle de la Chine et aspire à jouer un rôle croissant dans le commerce mondial des biens et services. Le Brésil a vu son rôle régional s'accroître significativement au sein du Mercosur et dispose d'une part importante des ressources biologiques du globe. Enfin, la Russie entend utiliser ses ressources énergétiques pour renforcer son rôle dans l'économie mondiale.       <br />
               <br />
       La crise a montré que le repli protectionniste ne peut pas être une option viable. La contraction du commerce mondial a durement affecté les économies développées et celles-ci ont résisté à raison à la tentation d'établir des barrières aux échanges. Mais la mondialisation actuelle est caractérisée par d'importants déséquilibres macroéconomiques : les pays asiatiques sont structurellement exportateurs nets de biens et de capitaux du fait du haut niveau de leur épargne et de l'alignement des monnaies sur le dollar en vue de préserver une croissance fondée sur les exportations, qui suppose d'éviter l'appréciation de leurs monnaies. Les Etats-Unis sont importateurs nets de capitaux et de biens manufacturés en raison d'un haut niveau d'endettements public et privé. La situation de l'Union est intermédiaire avec une balance plus équilibrée mais elle est de plus en plus importatrice nette de capitaux et de biens manufacturés et elle souffre de la volatilité de sa monnaie face au dollar (et donc face aux monnaies asiatiques).       <br />
               <br />
       Face à ces défis externes, l'Union européenne a du mal à se positionner. D'abord parce qu'elle ne parle pas d'une seule voix dans les enceintes internationales (G20, FMI, Banque mondiale, OIT, etc.) et face à ses partenaires. Ensuite parce qu'en l'absence d'une coordination efficace des politiques économiques, sa parole est perçue comme n'engageant pas ses actes, du moins pas immédiatement. Autrement dit, l'Union, qui reste le principal acteur de la mondialisation (sur le plan des échanges commerciaux, des flux d'investissement et des flux de population), ne réussit pas à apparaître comme une puissance économique susceptible d'influer sur le cours de la mondialisation. Or, ceci inquiète au plus haut point les citoyens européens.       <br />
               <br />
       L'Europe dispose certes d'une forme de soft power au travers des normes qu'elle impose pour accéder au marché intérieur. Mais ce pouvoir connaît certaines limites comme l'a montré l'issue de la conférence de Copenhague sur le climat. Et l'Europe semble fataliste, que ce soit face à l'évolution des rapports de force économiques mondiaux, face aux délocalisations ou face à la situation des relations monétaires internationales.       <br />
               <br />
       Compte tenu de la nature globale des enjeux économiques auxquels est confrontée l'Europe, il est essentiel que les chefs d'Etat et de gouvernement se dotent d'une stratégie externe commune, à même de donner à l'Europe la place dans le concert économique mondial qui lui revient et qui lui permettra de défendre ses intérêts. Voici les éléments que pourraient comporter cette stratégie :       <br />
               <br />
       - Proposer, de concert avec le Japon, à la Chine et aux autres pays asiatiques de remplacer l'alignement du cours de leur monnaie sur celui du dollar par l'adoption d'un adossement de leur monnaie à un panier de devises incluant non seulement le dollar mais aussi l'euro et le yen, dont la part respective augmenterait progressivement face au dollar. Ceci permettrait de créer des rapports de change plus équitables et de réduire les déséquilibres économiques globaux grâce à la dépréciation du dollar (permettant la diminution du déficit américain), à la réévaluation progressive du yuan (vis-à- vis de l'euro et du dollar mais non vis-à-vis de ses concurrents asiatiques), à la volatilité réduite du cours de l'euro face au yuan, et à l'investissement d'une part plus importante des réserves chinoises en Europe. Ceci n'empêchera pas l'Europe (au contraire, elle lui donnera une position plus forte dans la négociation) de demander aux pays asiatiques de procéder aux ajustements internes nécessaires, en particulier le soutien de la demande domestique (par l'amélioration de la protection sociale ainsi que le développement de l'accès au crédit des entreprises et des ménages). L'Europe incitera ainsi les Etats-Unis à faire les ajustements qui leur échoient (accroissement du niveau de l'épargne privée et forte réduction des déficits publics en sortie de crise) dans la nécessaire réduction des déséquilibres mondiaux, car les Etats-Unis ne pourront plus compter sur le financement illimité fourni jusque là par l'épargne asiatique. Les Etats-Unis trouveront néanmoins un avantage dans ce nouveau système car la dépréciation du dollar face au yuan qui s'ensuivra lui permettra de réduire son déficit commercial ;        <br />
       - Préparer la création d'une représentation commune aux conseils d'administration du FMI et de la Banque mondiale (afin de présenter une représentation commune au G20) ;       <br />
       - Doter l'Europe d'une stratégie commune de soutien aux entreprises européennes dans la négociation des contrats d'approvisionnement énergétique et élaborer des plans nationaux visant à créer les incitations nécessaires à l'investissement dans les infrastructures énergétiques ;       <br />
       - Donner une nouvelle impulsion aux efforts d'harmonisation réglementaires en matière de normes techniques, environnementales, sociales et sanitaires avec les principaux partenaires commerciaux de l'Union, notamment les Etats-Unis, le Japon et la Chine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>5.Investir dans l'Europe de demain</b></div>
     <div>
      L'Europe fait face à une croissance potentielle très faible. Ceci s'explique par le faible dynamisme démographique européen, le recul de l'investissement en Europe et une capacité d'innovation insuffisante. Or, il est déterminant pour l'Europe de réussir à réaliser et attirer sur son sol les investissements et les innovations qui créeront les emplois et les revenus de demain. C'est d'autant plus vrai dans le contexte actuel : la crise a entraîné un recul très fort de l'investissement (-11% en volume en 2009 dans l'Union et dans la zone euro), la rareté des ressources naturelles recréera un monde malthusien si nous ne sommes pas en mesure d'innover pour rendre les modes de production et de consommation plus économes, enfin la concurrence internationale est de plus en plus forte et de nombreux pays émergents sont désormais des concurrents présents dans les secteurs à forte valeur ajoutée et disposant d'ingénieurs nombreux et bien formés.       <br />
               <br />
       Certains investissements sont particulièrement importants et méritent d'être soutenus au niveau européen par la puissance publique en raison de leurs externalités [9] positives pour l'ensemble de l'économie et de la nécessité de rassembler les forces européennes : il s'agit notamment de l'investissement dans l'enseignement supérieur (où l'Europe investit plus de deux fois moins que les Etats-Unis par étudiant), de l'investissement dans la R&D (notamment dans les secteurs en pleine transformation : les biotechnologies de santé, les énergies renouvelables et les économies d'énergie, les nanomatériaux et leur métrologie, les transports "propres" ; et dans les secteurs à forte économie d'échelle : les industries de défense, aéronautique et aérospatiale), ou encore des nouvelles frontières de l'Internet, de l'imagerie et des réseaux. Un tel effort d'investissement doit s'accompagner d'un effort d'augmentation de l'efficacité de cet investissement en mobilisant les instruments financiers les plus adaptés, en assurant un audit régulier et en assurant un management rigoureux des projets. Dans la mesure du possible, il est nécessaire d'encourager le développement des PME pour favoriser le renouvellement du tissu économique européen.       <br />
               <br />
       Pour atteindre ces objectifs et réaliser les investissements qui conditionneront son avenir, les mesures suivantes devraient faire l'objet d'un engagement politique des leaders européens :       <br />
       - L'Union doit avoir un budget à la hauteur de ses ambitions. Le processus de réforme budgétaire en cours est essentiel pour créer de nouvelles règles du jeu de nature à permettre l'émergence d'un débat budgétaire qui ne se concentre pas sur la seule exigence du "juste retour". Pour cela, l'Union devrait séparer la négociation sur le budget alloué au financement des biens publics européens (ces biens publics seraient définis en amont par le Conseil européen) de la négociation sur les dépenses de redistribution [10]. La contribution des Etats membres au financement des biens publics européens serait proportionnelle à leur PNB (la discussion portant ainsi uniquement sur le niveau des financements accordés à chaque bien public) tandis que la négociation sur les dépenses de redistribution déterminerait directement le solde budgétaire net de chaque Etat membre. Ce nouveau cadre permettrait de rendre le débat budgétaire plus transparent et les arbitrages à rendre plus explicites.        <br />
       - Doter la Banque européenne d'investissement et le Fonds européen d'investissement de moyens plus importants pour accompagner les initiatives européennes en matière de R&D, de développement des PME et de promotion de la mobilité des jeunes ;       <br />
       - Accélérer la mise en œuvre du Small Business Act européen et créer une "Small Business Research initiative" [11] sur le modèle américain en vue d'ouvrir plus largement les marchés publics aux jeunes PME innovantes ;       <br />
       - Mettre en place un brevet communautaire, valable dans toute l'Union, assorti d'une juridiction unique spécialisée capable de traiter les litiges ;       <br />
       - Renforcer l'investissement européen dans les initiatives technologiques conjointes existantes (ITC) et développer de nouvelles ITC pour s'assurer de la mobilisation européenne dans les industries et dans les services innovants (par exemple dans les applications de la radionavigation par satellite et dans les secteurs en pleine transformation);       <br />
       - Mettre en place des dispositifs de mobilité  et de formation des entrepreneurs européens ;       <br />
       - Définir des objectifs nationaux d'accroissement de la part de l'investissement dans la dépense publique des Etats membres ;       <br />
       - Poursuivre l'effort de normalisation et de labellisation des produits, services et infrastructures "verts";       <br />
       - Soutenir la R&D "verte" par des financements publics ;        <br />
       - Renforcer considérablement le rôle de l'Agence européenne de défense afin de développer une réelle politique européenne de l'armement et coordonner l'effort d'équipement des différentes armées nationales). En complément, développer le volet défense des projets industriels européens (Galileo, par exemple, n'est qu'un projet civil, alors qu'il pourrait avoir de nombreuses applications militaires).       <br />
        
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Conclusion</b></div>
     <div>
      Les six prochains mois seront déterminants pour le projet économique européen parce que c'est au cours de cette période que se décidera l'agenda économique de l'Union pour les années à venir. L'attente est à la mesure de l'enjeu : les défis que l'Europe doit relever sont plus importants encore qu'il y a dix ans. La crise, l'urgence climatique, les déséquilibres macroéconomiques au sein et hors de l'Union, enfin la volonté des citoyens que l'Europe soit plus active au niveau international nécessitent une impulsion et un leadership communautaire durable. Le Conseil comme la Commission devront afficher une ambition commune crédibilisée par un programme de mesures opérationnelles et un calendrier détaillé de mise en œuvre. En cas d'absence de consensus, le Conseil ne devra pas hésiter à proposer des méthodes innovantes, par exemple en utilisant plus fréquemment l'expérimentation. Enfin, la communication politique qui accompagnera ce nouvel agenda économique sera essentielle pour afficher la détermination des leaders européens et convaincre investisseurs et citoyens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      [1] Voir le document de travail de la Commission intitulé "Consultation sur la future stratégie "UE 2020" (COM(2009)647, 24 novembre 2009) et le site Internet associé http://ec.europa.eu/eu2020/).       <br />
       [2] Voir sur ce point l'évaluation de la Commission, intitulé "Lisbon Strategy evaluation document", disponible à l'adresse : http://ec.europa.eu/growthandjobs/pdf/lisbon_strategy_evalua...        <br />
       [3] Voir sur ce point Jamet, J-F et F. Lirzin (2008). "L'Europe à l'épreuve de la récession", Questions d'Europe – Policy Papers de la Fondation Robert Schuman, mars 2009. http://www.robert-schuman.eu/question_europe.php?num=qe-130        <br />
       [4] Voir sur ce point et, plus généralement, sur le séquençage des mesures de sortie de crise : Von Hagen J., Pisani-Ferry J. et von Weizsäker J. (2009), "A European Exit Strategy", Bruegel Policy Brief, 2009/05, Octobre 2009.       <br />
       [5] Voir sur ces points Jamet J-F. (2008), Quelle peut-être la réponse européenne face à la crise financière ?, Numéro hors série commun de la Revue d'Economie Financière et de la revue Risques ("Crise financière : analyses et propositions"), juin 2008.       <br />
       [6] Le trading pour compte propre désigne l'achat et la vente de titres financiers sur les marchés en utilisant les ressources propres de la banque (par opposition au trading effectué pour le compte des clients, avec l'argent des clients).       <br />
       [7] Il s'agit d'imposer au x banques la constitution d'une réserve de liquidités en prévision d'impayés futurs et de limiter ainsi les risques en cas de crise. Ce dispositif a été expérimenté avec succès en Espagne.       <br />
       [8] Voir sur ce point Colson M. et Jamet J-F (2009), " Pour un fonds européen d'adaptation à l'environnement", Questions d'Europe – Policy Papers de la Fondation Robert Schuman, juillet 2009. http://www.robert-schuman.eu/question_europe.php?num=qe-142       <br />
       [9] Les externalités désignent les effets d'une activité qui ne sont pas pris en compte par le marché dans la valorisation d'une activité. En l'absence d'un système efficace de sanction des externalités négatives (comme la pollution générée par certaines activités économiques) et de compensation des externalités positives (comme les nouvelles connaissances ou techniques résultant des investissements de recherche), il y aura trop des premières et pas assez des secondes.       <br />
       [10] Cette proposition est développée par Santos I. et S. Neheider (2009). "A better process for a better budget", Bruegel Policy Brief, Juillet 2009.       <br />
       [11] Cette proposition est formulée dans le policy paper du gouvernement britannique intitulé "EU Compact for Jobs and Growth", disponible à l'adresse : http://www.cabinetoffice.gov.uk/media/329788/compact-jobs-gr...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La <a class="link" href="http://www.robert-schuman.eu">Fondation Robert Schuman</a> créée en 1991 et reconnue d'utilité publique, est le principal centre de recherches français sur l’Europe. Elle développe des études sur l’Union européenne et ses politiques et en promeut le contenu en France, en Europe et à l’étranger. Elle provoque, enrichit et stimule le débat européen par ses recherches, ses publications et l'organisation de conférences. La Fondation est présidée par M. Jean-Dominique GIULIANI.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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<br></div></div>
]]>
</description>
   <photo:imgsrc>http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/imagette-1878700-2570462.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chretiensenpolitique.eu/Un-agenda-economique-pour-l-Europe_a2201.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Congo. Quelle place pour les femmes ?</title>
   <pubDate>Thu, 11 Feb 2010 20:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Hubert WATTIER</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Droits de l' homme]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Une femme, une épouse, une mère déterminée, rassembleuse, pleine d’humanité, qui lutte de manière indéfectible pour la paix, mais aussi une femme qui aime rire et porter la vie partout où elle se déplace : c’est en ces termes que Sylvie Sarolea, professeur de droit international à l’Université de Louvain, a présenté la semaine dernière Venantie Bisimwa Nabintu, sa “ filleule “ proposée comme docteure honoris causa de l’UCL.     <div>
      Née au Congo voici 53 ans, Venantie est diplômée en sociologie de l’Université de Lubumbashi. Dans son pays, elle est secrétaire exécutive du “Réseau des Femmes pour la défense des Droits et de la Paix", un organe qu’elle définit elle-même comme un cadre de référence pour que les femmes défendent les droits humains. Le travail se fait à la base, au sein de “Comités d’Alerte pour la Paix “ où les femmes oeuvrent pour la prévention et la réponse aux violences sexuelles.        <br />
       Durant les jours qui ont précédé la séance de la remise de son diplôme de docteur honoris causa, Venantie a participé à différentes rencontres et notamment à un séminaire intitulé “Femmes en guerre : quels droits et quelles possibilités d’action collective ?" Elle y a expliqué les réponses locales que son réseau travaillait à apporter face aux violences faites aux femmes : “Il faut d’abord que les femmes qui ont été agressées, violées, puissent se confier à d’autres femmes, leur faire le récit des drames inimaginables dont elles ont été les victimes. Car on doit avant tout éviter le silence. C’est ensuite qu’on peut les orienter vers une assistance humanitaire, notamment hospitalière et psychologique."
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pourquoi les violences sexuelles ? </b></div>
     <div>
      Si les guerres précédentes ont utilisé les armes à feu et les armes blanches pour atteindre leurs objectifs, celles d’à partir de 1996 ont intégré des armes plus insidieuses, à destruction parfois lente mais sûre, notamment les violences sexuelles. Les violences sexuelles ont été intégrées comme arme de guerre pour détruire les organes génitaux des femmes congolaises de tout milieu, rural comme urbain. Un autre effet recherché dans l’utilisation des violences sexuelles est celui, psychologique, d’humilier l’homme congolais, le déséquilibrer pour qu’il perde confiance en ses capacités, ses capacités de se défendre, de défendre sa progéniture, de défendre son espace vital. Elles visent aussi la désagrégation des structures familiales, cellule de base de la société congolaise. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quelle a été la réaction des femmes ? </b></div>
     <div>
      Quand, suite aux déplacements forcés et à l’occupation de leur terroir par les forces étrangères, les populations congolaises ont compris que leur terre nourricière était en train de leur être arrachée, elles se sont mobilisées pour barrer la route et réduire l’expansion de l’occupation, dénoncer le complot et la trahison. Les femmes, contrairement à leur désintérêt habituel pour la chose publique, ne sont pas restées inactives. Aux côtés des organisations des droits de l’homme, les organisations féminines se créent et s’investissent dans la défense des droits humains. Pour nous, femmes, il a été essentiel pour notre survie de nous saisir de la situation de cette crise comme une opportunité pour revendiquer plus de considération et une position d’égalité dans la société afin de garantir notre participation à la prise de décision et réduire notre vulnérabilité à la violence. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quel est le sens de leur combat ? </b></div>
     <div>
      La femme va accéder à une position sociale équitable par le développement de ses capacités personnelles. Le développement des capacités personnelles des femmes constitue une condition pour le développement de la société toute entière ; il passe par l’éducation formelle et informelle à travers laquelle seront promues des valeurs positives de patriotisme, de partage et d’équité. Nous voulons toujours promouvoir tout ce qui favorise le développement de ces capacités personnelles et empêcher par tous les moyens ce qui les entrave. “ 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vers le développement durable ? </b></div>
     <div>
      Dans tout notre plaidoyer dans les instances internationales (…), notre cheval de bataille a toujours été de montrer qu’au delà des réponses humanitaires, les violences sexuelles devraient être traitées dans une perspective de développement durable. (…). Ensemble, nous avons stimulé l’engagement de l’élite féminine congolaise du Sud Kivu dans les partis politiques pour son implication dans les élections, et partant dans la gestion de la chose publique. Nous constatons que plus de 80 femmes ont été candidates titulaires aux élections législatives nationales et provinciales dans la province du Sud Kivu”.        <br />
       Quel rôle pour l’Université ?        <br />
       À la question “Qu’attendez-vous de l’Université ? “ posée au cours du séminaire, Venantie a répondu : “Vous pouvez aider à instaurer un dialogue entre la Belgique et le Congo. Nous devons dire ensemble notre histoire. Nous, Congolais, avons le sentiment que vous les Belges vous nous ignorez. Nous voulons que la Belgique s‘engage et mette tout son poids pour que l’on trouve une solution durable afin de sortir de la guerre. L’Université peut aider à reconstruire le Congo."
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Pour mieux connaître Dimanche Express ou vous abonner : <a class="link" href="http://www.dimanche.be/spip.php?rubrique22">Cliquez</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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<br></div></div>
]]>
</description>
   <link>http://www.chretiensenpolitique.eu/Congo-Quelle-place-pour-les-femmes_a2200.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>La tolérance zéro n’est pas une solution</title>
   <pubDate>Thu, 11 Feb 2010 20:03:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Pascal ANDRÉ</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Les éditos de Dimanche Express]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
     <div>
          À entendre nos voisins du nord, Bruxelles serait au bord de l’émeute, livrée à des bandes de jeunes armés et dangereux. Sur place, pourtant, la réalité est bien plus nuancée. Certes, des événements extrêmement graves s’y sont produits ces dernières semaines et l’on comprend que la police demandent davantage de moyens et d’effectifs pour réaliser son travail. Il est également anormal qu’une école soit contrainte de quitter le quartier d’Anderlecht pour protéger ses étudiants régulièrement rackettés par des jeunes du coin. Il faut toutefois raison garder et ne pas agir dans la précipitation. La peur, on le sait, est mauvaise conseillère.        <br />
       Ainsi, sommes-nous inquiets de voir revenir à la charge les partisans de la tolérance zéro et de la justice accélérée, qui ont pourtant déjà montré leurs limites par le passé. Tout d’abord, on sait que la tolérance zéro est impossible à mettre en pratique. En trois semaines, le parquet et les tribunaux seront débordés et il n’y aura pas suffisamment de places en prison ou en IPPJ pour y mettre les jeunes délinquants ou criminels. Alors, on sera obligé de les relâcher et ce sera pire. Et puis, c’est un leurre que de penser qu’il n’y a que la répression qui puisse dissuader les gens. Le problème de la violence urbaine est bien plus vaste et complexe que cela. Et il serait urgent que les instances du pays se penchent sérieusement sur ce point, avec tous les acteurs de terrain et pas uniquement les forces de l’ordre.        <br />
       Les délinquants et les criminels doivent être punis, c’est un fait. Il n’y a rien de pire pour un jeune que de grandir sans jamais devoir payer pour ses erreurs. Ne pas être sanctionné, c’est avoir le sentiment d’être au-dessus des lois, d’être intouchable, mais surtout de n’avoir rien à se reprocher. Difficile, dans ce cas, de ne ne pas essayer au coup suivant de repousser encore un peu plus loin les limites. Mais si la sanction est indispensable, elle n’est vraiment utile que proportionnée aux méfaits, adaptée à la situation, réparatrice et éducatrice. Enfermer un jeune en prison sans l’accompagner dans son processus de resocialisation et de réintégration n’a aucun sens. Tout comme il est inutile de recourir à la répression si l’on ne fait rien sur le plan préventif. Encourager la mixité sociale dans les quartiers difficiles, écouter les jeunes, les rendre responsables, leur donner du travail, embellir les rues et les places, lutter contre les discriminations… Voici quelques pistes qui, à notre avis, mériteraient d’être davantage explorées.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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<br></div></div>
]]>
</description>
   <link>http://www.chretiensenpolitique.eu/La-tolerance-zero-n-est-pas-une-solution_a2199.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chretiensenpolitique.eu,2010:rss-1848933</guid>
   <title>Quelle politique européenne pour le Moyen-Orient?[1]</title>
   <pubDate>Sun, 31 Jan 2010 11:35:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean François-Poncet</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Dossier du mois de janvier: Quelle politique européenne pour le Moyen-Orient]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/1848933-2526712.jpg" alt="Quelle politique européenne pour le Moyen-Orient?[1]" title="Quelle politique européenne pour le Moyen-Orient?[1]" />
     </div>
     <div>
      De toutes les régions du monde, le Moyen-Orient est celle dont l'Europe est la plus proche. Elle en importe la plus grande partie de son énergie -  pétrole et gaz -  et elle y écoule une fraction substantielle de ses exportations. La France a exporté en 2008 vers Bahreïn autant que vers le Brésil. Le terrorisme trouve souvent son origine directe ou indirecte au Moyen-Orient. Enfin une communauté de destin lie les deux régions, du fait de la présence en Europe, notamment en France, de plusieurs millions de musulmans et de juifs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Auteur : Jean François-Poncet : Ancien Ministre, Sénateur du Lot et Garonne et membre du conseil d'administration de la Fondation Robert Schuman.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les relations entre les États européens et le Moyen-Orient </b></div>
     <div>
      Les relations que les États européens entretiennent avec les États du Moyen-Orient diffèrent évidemment d'un pays à l'autre. Elles sont parfois bonnes, souvent tendues, toujours difficiles. Pour trois raisons.       <br />
       Tout d'abord, elles restent marquées par le souvenir du colonialisme. S'il n'a duré que quelques décennies, de l'effondrement de l'Empire ottoman à l'accession des pays de la région à l'indépendance après la deuxième guerre mondiale, il reste gravé dans les mémoires.       <br />
       Ensuite, les frictions tiennent aussi à l'évolution rapide et profonde des sociétés musulmanes dont l'Occident a tendance à sous-estimer l'ampleur : transition démographique, d'abord. Le contrôle des naissances tend peu à peu à ramener la natalité à des niveaux proches de la moyenne européenne ; exode rural et urbanisation ensuite, qui projettent l'individu dans un nouveau cadre moderne, propice à l'épanouissement personnel, mais menaçant les relations d'autorité, ciment de la stabilité sociale ; émancipation et ascension des femmes. La scolarisation féminine atteint en moyenne 50% et la participation des femmes à la vie économique est passée entre 1990 et 2001 de 3% à 19%. Cette transformation a provoqué une réaction conservatrice et un regain parfois net mais souvent ambigu de conceptions traditionnalistes. Il en est ainsi du retour en force du port du voile islamique qui, loin d'être un signe de régression, permet au contraire aux femmes, lorsqu'elles sont issues de milieux conservateurs, d'exercer des activités professionnelles, y compris en Arabie Saoudite.       <br />
       Enfin, le retour du religieux est, lui aussi, facteur de distanciation. Il se traduit par une pratique plus ostentatoire de la prière et par le respect du jeûne pendant le Ramadan. En offrant à ses adeptes un ancrage identitaire, la religion apporte une réponse aux générations vaincues et humiliées par les défaites face à Israël. L'Islam s'est progressivement imposé comme le territoire de la dignité retrouvée.       <br />
               <br />
       Par ailleurs, l'impact de l'évolution sociale sur les régimes politiques est resté limité. Le tableau politique est certes diversifié, mais aucun régime ne peut être qualifié de démocratique. Les élections sont rarement pluralistes et concurrentielles. Elles sont administrées par des régimes résolus à en contrôler les résultats à travers des manipulations de la loi électorale, l'interdiction des partis ou des candidats d'opposition, et une combinaison de fraude et de répression. Résultat : peu de régimes ont une authentique légitimité historique ou démocratique. Les peuples se soumettent mais n'accordent aucune confiance à leurs gouvernants.        <br />
               <br />
       En dernier lieu, les ressources énergétiques constituent, il est vrai, sinon pour l'ensemble de la région, du moins pour les pays du Golfe, un puissant atout ainsi qu'un facteur de stabilité. Les cinq pays de l'OPEP autour du Golfe persique détiennent les deux tiers des réserves mondiales de pétrole et fournissent 30% du pétrole consommé. Les achats croissants de la Chine font d'elle, désormais, un des principaux débouchés du pétrole moyen-oriental, et la région toute entière est peu à peu amenée à regarder vers l'Asie autant que vers l'Occident. Le problème est d'autant plus réel que la Chine s'abstient de toute intervention politique dans les affaires de la région, un luxe que l'Europe peut difficilement se permettre. On l'attend en particulier sur trois dossiers : le destin du peuple palestinien, le programme nucléaire iranien, la lente désintégration du Yémen.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>  L'Europe face aux enjeux stratégiques du Moyen-Orient</b></div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Le conflit israélo-palestinien</span>       <br />
               <br />
       Le conflit israélo-palestinien n'a jamais cessé d'être au cœur des rapports entre l'Occident et l'Islam et d'alimenter le ressentiment des États arabes à son égard. Il a trouvé son plein développement avec la naissance et la montée en puissance d'Israël, perçu comme une création de l'Occident. L'impuissance des États de la région à gagner la guerre comme à faire la paix avec Israël a facilité l'ascension des mouvements islamistes qui se sont réapproprié le discours nationaliste en lui substituant un corpus religieux.       <br />
       Le conflit israélo-palestinien est le dossier sur lequel la sincérité de l'Occident est jugée. Le monde arabe lui reproche, en effet, d'avoir toujours fait deux poids et deux mesures. Il est présenté comme systématiquement complaisant à l'égard d'Israël à qui on pardonne tout, notamment d'ignorer les résolutions du Conseil de Sécurité, et de développer, en violation de celles-ci, ses colonies de peuplement en Cisjordanie. L'Occident ne passerait rien, en revanche, aux Arabes. Attaques souvent fondées mais qui ne tiennent pas suffisamment compte de l'obstacle que constitue, du fait des divisions arabes, la difficulté d'identifier un partenaire de négociations capable d'engager l'ensemble du mouvement palestinien.       <br />
       Pour qu'une négociation digne de ce nom puisse débuter, deux préalables doivent être satisfaits. Israël doit renoncer à toute extension de ses colonies en Cisjordanie, ce que son Premier ministre, Benjamin Netanyahou, n'accepte d'envisager que pour une période de dix mois, en excluant les " zones prioritaires " et sans interrompre les chantiers commencés. Mais l'Autorité Palestinienne refuse d'entamer des négociations sur des bases aussi biaisées.        <br />
       Le deuxième préalable consiste à faire émerger un négociateur unique du coté palestinien, représentant à la fois l'Autorité Palestinienne et le Hamas, qui contrôle Gaza et son million et demi d'habitants. Autant dire qu'une véritable négociation n'est pas prête de débuter et que les États-Unis, appuyés par l'Europe, devront faire preuve d'autant de détermination que de patience pour qu'un rayon de lumière apparaisse au bout de l'interminable tunnel du conflit israélo-palestinien.       <br />
       L'élection de Barack Obama a suscité une vague d'espoir. Le Président américain, contrairement à son prédécesseur, a décidé d'engager son autorité personnelle et celle de son pays dans la recherche d'une issue négociée tenant à créer un État palestinien indépendant et viable à coté de l'État d'Israël, Jérusalem devenant la capitale partagée des deux États. Mais le monde arabe s'impatiente, constatant que le Président tarde à imposer ses vues à son allié israélien.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Le défi lancé par l'Iran</span>       <br />
               <br />
       La révolution islamique d'Iran et l'invasion américaine d'Irak ont accru et durci les sentiments de rejet à l'égard de l'Occident. Il est vrai que cette hostilité vise en premier lieu les États-Unis qui sont haïs par les opinons publiques, mais à l'égard desquels les gouvernements arabes ont une attitude schizophrénique. Ils sont les premiers à demander aux États-Unis de jouer un rôle de protecteur régional, de résoudre le problème palestinien ou de faire pression sur l'Iran. Ce qui ne les empêchent pas de dénoncer les " ingérences " de Washington. C'est pour échapper à cette relation incertaine et fluctuante qu'ils demandent à l'Europe d'accroître sa présence : plus d'Europe pour avoir moins d'Amérique.       <br />
       L'installation au pouvoir des Mollahs à Téhéran n'a pas seulement tendu les relations de l'Iran avec l'Occident. Elle a provoqué entre chiites et sunnites une rivalité qui s'est imposée en facteur commun à l'ensemble des pays du Moyen-Orient. Partout ou presque où voisinent sunnites et chiites, des affrontements ont éclaté. En vingt ans, entre 1984 et 2004, le clivage chiite-sunnite est devenu un élément clé du monde musulman de la Méditerranée à l'Indus.       <br />
       Le défi que le programme nucléaire iranien représente pour l'Occident est plus récent mais à bien des égards plus menaçant que le conflit israélo-palestinien. Téhéran se défend de vouloir se doter d'un armement nucléaire. Mais ses dénégations sont peu crédibles pour trois raisons : (1) ses activités nucléaires ont été conduites dans le plus grand secret, contrairement à ses engagements au titre du Traite de Non Prolifération, et Téhéran refuse aux inspecteurs de l'AIEA le libre accès à ses installations ; (2) l'Iran ne possède aucune installation électronucléaire susceptible d'utiliser l'uranium enrichi ; (3) enfin, l'Iran a développé des missiles balistiques dont les plus avancés ont une portée de 1 900 kilomètres, ce qui aurait peu de sens s'il ne s'agissait que de véhiculer des explosifs conventionnels. Aussi l'ensemble de la communauté internationale n'attache-t-elle aucun crédit aux démentis iraniens.       <br />
       Téhéran pourrait franchir le seuil nucléaire dès la fin de 2010 ou dans le courant de 2011. Mais il lui faudra attendre 2015 pour qu'il dispose de l'embryon d'un arsenal cohérent à finalité militaire.        <br />
       Quel danger représenterait l'accession de l'Iran à l'arme atomique ? Elle ne présenterait pas à priori de menace pour l'Europe et pour les États-Unis. La question, en revanche, se pose pour Israël en raison de l'exigüité de son territoire. Une seule arme mettrait en péril l'avenir de l'État juif dont le Président iranien, Ahmadinejad, réclame la disparition de la surface de la terre. Une attaque préventive des sites nucléaires iraniens par Israël ne serait, dans ces conditions, ni impossible, ni invraisemblable. Mais elle semble dans le proche avenir peu probable. L'Iran dispose, soit à partir de son propre territoire, soit au Liban, par l'entremise du Hezbollah, de moyens de rétorsion significatifs. En toute hypothèse, les conséquences politiques et de sécurité d'une attaque contre l'Iran rendent une telle éventualité difficilement imaginable sans une aide ou au moins une approbation tacite des États-Unis, qui ne dissimulent pas leur réticence.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Le cas du Yémen</span>       <br />
               <br />
       Le Yémen constitue, pour l'Occident, un défi d'une tout autre nature : le lent mais inexorable délitement de l'autorité exercée sur le pays par son Président, Ahmed Saleh, en font un État qui, s'il n'est pas encore failli, constitue dès à présent un dangereux havre pour les mouvements islamistes. Al-Qaïda y a, semble-t-il, transféré une partie de ses cadres chassés d'Irak.       <br />
       Idéalement situé au sud de la péninsule arabique, entre la Corne de l'Afrique et l'Orient, il contrôle le détroit de Bab el Mandeb. Il est, avec 24 millions d'habitants, l'État le plus peuplé de la péninsule arabique. Il en est aussi le plus pauvre. Son agriculture manque cruellement d'eau. Il ne produit que 312 000 barils/jour de pétrole qu'exploite la société Total et ne survit que grâce aux transferts d'argent des nombreux travailleurs yéménites émigrés.       <br />
       Son relief montagneux, analogue à celui de l'Afghanistan, la proximité de la Somalie, l'autonomie dont jouissent ses nombreuses tribus que protège la configuration de son territoire en font un refuge pour les réseaux et les camps d'entraînement des mouvements extrémistes.       <br />
       Oussama Ben Laden, ainsi que sa riche et puissante famille saoudienne, sont originaires du Yémen, et les services de renseignements américains assurent, sur la base de leurs écoutes électroniques, que la direction d'Al-Qaïda installée au Waziristân pakistanais est en relation suivie avec ses adeptes du Yémen. Ce dernier n'a jamais été admis comme membre à part entière de la communauté des États arabes du Golfe (CEAG) et ne reçoit que peu d'aides de la part des riches émirats du Golfe.       <br />
       Une stratégie d'ensemble s'impose pour interrompre le processus qui fait peu à peu du Yémen la chose d'Al-Qaïda. Stratégie dont le financement doit être assuré par les États pétroliers du Golfe qui ont un intérêt vital à la stabilité du Yémen, et la mise en œuvre, sinon confiée à l'Occident, du moins activement soutenue par lui.       <br />
               <br />
               <br />
               <br />
        i[[1] Ce texte est extrait d'un ouvrage à paraître : L'état de l'Union 2010. Rapport Schuman sur l'Europe, Éditions Lignes de Repères, Paris, mars 2010.]i
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La <a class="link" href="http://www.robert-schuman.eu">Fondation Robert Schuman</a>, créée en 1991 et reconnue d'utilité publique, est le principal centre de recherches français sur l’Europe. Elle développe des études sur l’Union européenne et ses politiques et en promeut le contenu en France, en Europe et à l’étranger. Elle provoque, enrichit et stimule le débat européen par ses recherches, ses publications et l'organisation de conférences. La Fondation est présidée par M. Jean-Dominique GIULIANI.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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</description>
   <photo:imgsrc>http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/imagette-1848933-2526712.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chretiensenpolitique.eu/Quelle-politique-europeenne-pour-le-Moyen-Orient-1_a2197.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Un troisième hiver sans l'abbé Pierre...</title>
   <pubDate>Fri, 22 Jan 2010 11:58:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Quinzaine Emmaüs</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/1848970-2526785.jpg" alt="Un troisième hiver sans l'abbé Pierre..." title="Un troisième hiver sans l'abbé Pierre..." />
     </div>
     <div>
      Trois ans déjà qu'il est parti. Ce 22 janvier, au petit matin, près de 300 personnes s'étaient donné rendez-vous, au bord du canal Saint-Martin, pour rendre hommage au fondateur        <br />
       d'Emmaüs. Si l'abbé Pierre était encore là, il aurait partagé le quotidien des exilés afghans, installés depuis des mois sur le quai de Valmy. Il aurait crié sa révolte. Fait résonner la voix        <br />
       des sans voix. Vendredi, compagnons, salariés, bénévoles de l'Association Emmaüs avaient choisi cet endroit, ce bout de trottoir pour poursuivre la mobilisation entamée il y a quelques semaines. Hélène Delacroix, présidente et Didier Cusserne, délégué général, accompagnés de Christophe        <br />
       Deltombe, président d'Emmaüs France et d'Olga Trostiansky, adjointe au Maire de Paris, ont uni leurs voix, ce matin là, pour réclamer un geste fort de l'Etat en faveur des jeunes exilés. Depuis dimanche dernier, grâce à la mobilisation des associations, 100 jeunes afghanspeuvent passer la nuit dans l'ancien hôpital Saint-Lazare, un bâtiment prêté par la ville de Paris et géré par l'association. 50 autres restent sous les ponts, à proximité de la station de métro Jaurès. Faute de places. Pour ceux-là, pour tous ceux qui n'ont pas de toit,  quels qu'ils soient, le combat de l'abbé doit continuer.        <br />
              <br />
       Vous pouvez télécharger la quinzaine (Pièce jointe PDF ci-dessous)       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <photo:imgsrc>http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/imagette-1848970-2526785.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chretiensenpolitique.eu/Un-troisieme-hiver-sans-l-abbe-Pierre_a2198.html</link>
  </item>

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   <title>Entre le silence pesant d' Ashton et le débat sur l’identité nationale l’Europe passe à la trappe.</title>
   <pubDate>Thu, 21 Jan 2010 09:49:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Emmanuel Morucci</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Entrez en Europe]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Dotée par le Traité de Lisbonne de nouvelles institutions, l'Union semble avoir fait vœux de silence. Pourtant le moment est mal choisi pour s'absenter du mouvement global et international.les européens ont besoin de voir l'Europe incarnée pour y croire et reprendre confiance.   Au plan intérieur, le débat sur l'identité nationale, qui aurait pu et dû  être intéressant, ne prend pas en compte la citoyenneté européenne, ni son esprit et ses fondements nationaux. Il y a pourtant matière a une réflexion riche qui pourrait initier un sentiment d'appartenance à l'Europe.      <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/1829589-2496369.jpg" alt="Entre le silence pesant d' Ashton et le débat sur l’identité nationale l’Europe passe à la trappe." title="Entre le silence pesant d' Ashton et le débat sur l’identité nationale l’Europe passe à la trappe." />
     </div>
     <div>
      L’absence de la responsable de la diplomatie sur la scene internationale est sinon remarquable très remarquée vingt jours après sa prise de fonctions. Sans doute ses services ne sont pas encore installés et dirigés. Mais au moment où l’Union européenne a besoin d’apparaitre sur la scene internationale Catherine Asthon semble être passée aux abonnés absents. Ce qui donne beau jeu au parlement européen qui en profite pour jouer son rôle et critiquer la haute representante aux affaires étrangères notamment pour ne pas s’être rendue à Haiti après le seisme. Surprenant pour cette ancienne responsable d’associations caritatives qui a travaillé de longues années auprès des plus pauvres. Sans doute plaidera-t-elle ne pas avoir voulu alourdir par sa présence inutile une situation déjà bien complexe.        <br />
       Plus économiste que diplomate, la britannique a vu sa nomination être, on s’en souvient, validée sans véritable enthousiasme. Devenue commissaire européen en 2008, elle n’a toujours pas percé dans l’opinion publique à ce poste. Elle n’a pas su se faire connaitre sur la scène internationale. Au bout du compte, les Etats Unis qui craignaient de ne pas avoir de numéro de telephone en Europe, connaissent aujourd’hui un leader ship occidental que seules les interventions de chefs d’Etats et de Gouvernement, au titre de leur pays respectifs, viennent à peine troubler.        <br />
       Pourtant le moment de s’affirmer sur cette scène internationale est bien venu. Mais on se demande si les nouvelles opportunités offertes a l’europe par l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne font bondir de joie et de dynamisme les gouvernements nationaux. Tout se passe comme si on affirmait haut et fort l’importance de l’Europe mais dans les faits on se repli sur l’Etat nation.        <br />
       Dans le contexte de crise économique et sociale cela semble entrer dans une logique déjà vue. Si toute ressemblance avec des evenements…… déjà vus,  le monde a terriblement changé. Le contexte est à prendre en compte.  Il existe aujourd’hui une Union européenne organisée, institutionnelle,  porteuse de compétences deléguées ou partagées par ses Etats-membres. C’est donc bien à se niveau de supranationalité, dans la dimension du marché unique voulue par les citoyens de l’Europe en 1992, que la prise de décision économique, monetaire et diplomatique doit se faire. L’effacement du président du Conseil et le silence  de notre representantes aux affaires etrangères sont, pour les citoyens européens pesant.       <br />
       Sur le plan intérieur, on ne peut, non plus,  s’empécher de rapprocher les evenements. La convocation du PDG de Renault à Bercy puis à l’Elysée est significative d’un Etat d’esprit et  met a mal l’idée même de la construction européenne et de son avancée depuis la declaration de Robert schuman, il y a 60 ans. Tout comme elle met à mal les engagements de la France et a terme sa crédibilité dans un processus qu’elle a pourtant initié.       <br />
       A un autre niveau, le debat sur l’identité nationale dont on ne peut se priver,ici et ailleurs, car cela fait bien longtemps que les Français ne se posent plus collectivement de grandes questions existentielles semble repondre aujourd’hui qu’à certaines visions de la nation, de l’Etat-nation dans leurs perspectives les plus étriquées. Ce débat devrait poser une question essentielle, celle de l’habitabilité du monde. Mais aussi celle de l’appartenance à partir de notre, de nos identités nationales, à la dimension territoriale qui est la nôtre, commune et porteuses d’identités nationales, je veux parler de l’Union européenne. Un chemin pour y accéder  est la citoyenneté européenne commune, liée comme on le sait, aux appartenances nationales. Un outil pour travailler ce champs identitaire et celui du sentiment d’apaprtenance est ce document commun, promulué en 2000 et inseré dans Lisbonne, qui exprime les valeurs et grands principes qui président aux destinées de l’Union. Je veux parler de la Charte des droits sociaux fondamentaux des citoyens de l’Union. Pas un ministre, pas un député, pas un journaliste, pas un défenseur des droits de l’Homme et autre militant polilique ou chercheurs en sciences humaines ou en science politique n’ a amené cet élément dans le débat. A croire que les débats franco français rendent ceux qui se veulent être des acteurs  autistes.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;"><div><a href="http://www.prenezlaparole.com/" title="Une journaliste  vous fait profiter de 27 ans d'expérience d'animation radio">Maîtrisez votre Trac et Prenez la Parole en Public</a>
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</description>
   <photo:imgsrc>http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/imagette-1829589-2496369.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chretiensenpolitique.eu/Entre-le-silence-pesant-d-Ashton-et-le-debat-sur-l-identite-nationale-l-Europe-passe-a-la-trappe_a2195.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:www.chretiensenpolitique.eu,2010:rss-1819690</guid>
   <title>Lettre ouverte du père Rémy, spiritain, de la paroisse sacré Coeur de Pont Sonde en Haïti</title>
   <pubDate>Sat, 16 Jan 2010 00:11:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Père Rémy </dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/1819690-2481448.jpg" alt="Lettre ouverte du père Rémy, spiritain, de la paroisse sacré Coeur de Pont Sonde en Haïti" title="Lettre ouverte du père Rémy, spiritain, de la paroisse sacré Coeur de Pont Sonde en Haïti" />
     </div>
     <div>
      Très cher ami, Très chère amie,       <br />
               <br />
       Nous avons été secoués par ce tremblement de terre-monstre dans l'Artibonite. Cependant nous n'avons pas été victimes comme c'est le cas à Port-au-Prince. Maintenant je suis à Port-au-Prince pour porter ma solidarité avec mes confrères spiritains de Saint Martial qui n'existe presque plus, et d'autres        <br />
       frères haitiens qui sont en grande difficulté. Le bâtiment de trois étage qui loge l'école primaire à Saint Martial est complètement effondré. Le P. Paulin, le P. Salomond ( Curé à Jean Denis ) et deux séminaristes y étaient. Heureusement qu'ils sont sortis vivants ! Un autre séminariste (Stéphane Dougé) qui était en deuxième année de théologie à Cifor est mort au sein de cette faculté de théologie ! Une bonne partie de la chapelle de St Martia est également effondrée.        <br />
       La Cathédrale de P-au-P ainsi que l'archevêché de P-au-Prince sont également effondrés. Mgr Serge Miot est mort, et Mgr Benoit reste jusqu'à présent prisonnier des décombres. Les cadavres jonchent les rue de P-au-P. Les morgues et les hopitaux sont débordés ! Maintenant on creuse des fosses        <br />
       communes un peu partout spécialement à Titanyen pour déposer les cadravres. C'est un spectacle effrayant, incroyable, abominable et déguelasse ! Notre voiture sert d'ambulance pour ramasser des cadavres et les déposer dans des points communs afin que la Mairie puisse les récupérer ( C'est le peu qu'on puisse faire en cette période de grande crise ! ).        <br />
               <br />
        Mon cher, je ne vais pas me faire plus long car je dois partir. je vous demande tout simplement de nous porter dans vos prière.       <br />
              <br />
       Que Dieu vous bénisse et vous garde !       <br />
              <br />
        <b>NB</b> Les lignes téléphoniques et l'internet sont coupés dans l'Artibonite       <br />
              <br />
               <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/1819690-2481489.jpg" alt="Lettre ouverte du père Rémy, spiritain, de la paroisse sacré Coeur de Pont Sonde en Haïti" title="Lettre ouverte du père Rémy, spiritain, de la paroisse sacré Coeur de Pont Sonde en Haïti" />
     </div>
     <div>
      Haïti a besoin de nous tous. L'ACEP s'associe à La-croix.com et Notretemps.com  qui publient  une <a class="link" href="http://www.notretemps.com/votre-argent/10001526-solidarite-haiti-dons-securite-.html?start=1">liste d'associations et d'ONG</a> auprès desquelles vous pouvez faire un don , en toute sécurité, pour soutenir les actions d'urgence en faveur des sinistrés.       <br />
       Merci pour votre générosité.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.notretemps.com/votre-argent/10001526-solidarite-haiti-dons-securite-.html?start=1">LISTE DES ASSOCIATIONS ET ONG</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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</description>
   <photo:imgsrc>http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/imagette-1819690-2481448.jpg</photo:imgsrc>
   <link>http://www.chretiensenpolitique.eu/Lettre-ouverte-du-pere-Remy,-spiritain,-de-la-paroisse-sacre-Coeur-de-Pont-Sonde-en-Haiti_a2194.html</link>
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   <title>Les vestiges du mur de Berlin, vingt ans après : quels enjeux pour la Russie et l'Ukraine ?</title>
   <pubDate>Fri, 15 Jan 2010 15:42:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Miroslav Popovitch</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Entrez en Europe]]></dc:subject>
   <description>
<![CDATA[
Cette année, l'Europe célèbre les 20 ans de l'effondrement du système communiste, symbolisé par la chute du mur de Berlin et l'ouverture, le 9 novembre 1989, d'un passage libre entre la RDA et la RFA. Cet épisode fut précédé par un exode massif d'Allemands de l'Est passant par la Hongrie et l'Autriche pour rejoindre l'Europe occidentale, ainsi que par des manifestations antigouvernementales organisées dans les grandes villes de RDA, puis par la démission d'Erich Honecker le 18 octobre. En mars de l'année suivante, les élections libres mirent un terme définitif au " rôle dirigeant " du SED, le parti socialiste unifié d'Allemagne. La réunification des deux Allemagnes n'était alors plus qu'une question de temps.     <div>
      <b>Auteur : Miroslav Popovitch : </b>Académicien, Président de l'institut de Philosophie de l'Académie des sciences d'Ukraine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Toutefois, ces événements ne sont intervenus qu'en fin de processus. L'élément qui ébranla véritablement le système des États satellites européens de l'URSS fut la table ronde organisée à Varsovie, au début de l'année 1989, entre les représentants du syndicat interdit Solidarność, l'Église catholique et les autorités communistes, qui maintenaient la Pologne sous le régime de la loi martiale depuis 7 ans déjà. Selon l'historien et ancien militant d'opposition Adam Michnik, c'est en Pologne que les premiers fragments du mur de Berlin ont été ébranlés. Cette table ronde a permis la tenue d'élections semi-libres, qui assuraient aux communistes un certain nombre de sièges à la Diète [2], mais les privaient de la possibilité de conserver le contrôle, ce qui a ouvert la voie à un processus de démocratisation pacifique. C'est suite à ce compromis que se déroulèrent les événements qui conduisirent, à l'automne 1989, à la vague de révolutions "de velours" ou plus violentes, connue sous le nom d' "automne des peuples", par analogie avec "le printemps des peuples" de 1848.       <br />
              <br />
       Il ne fait aucun doute que "l'automne des peuples" a été possible parce que l'Union soviétique a cessé de faire pression sur les gouvernements des États satellites et a laissé entendre à l'Occident qu'elle ne considérait plus désormais leur accession à l'indépendance comme un casus belli. A l'inverse, la répression lancée contre Solidarność en décembre 1981 avait été justement due au fait que l'URSS se préparait à un conflit armé mondial. Le tsar Nicolas Ier avait dit un jour qu'il pourrait "laisser partir la Pologne", mais que jamais il ne se séparerait de la Petite Russie (l'Ukraine). Leonid Brejnev avait déclaré qu'il n' "abandonnerait" aucun de ces pays satellites. Mikhaïl Gorbatchev a laissé partir non seulement la Pologne, mais aussi les autres alliés du pacte de Varsovie. Bien entendu, il n'était pas question de l'Ukraine.       <br />
              <br />
       Pourtant, en URSS, des élections au Congrès des Soviets (parlement) ont encore eu lieu, qui, comme en Pologne, ont été semi-libres, avec des sièges garantis pour le PCUS (la "centaine rouge"). Elles ont durci les relations entre partisans du stalinisme et réformateurs du parti. Lors du 1er Congrès des députés du peuple, le Groupe interrégional, mené par Eltsine et Sakharov, a commencé à s'organiser, mais il était encore faible. Les élections législatives de l'année suivante ont été préparées et ont permis aux forces qui mettraient fin au conflit entre démocratie et dictature de faire surface. On était encore loin de l'arrestation de Gorbatchev en Crimée et de l'incarcération des putschistes dans la prison Matrosskaya Tichina.       <br />
              <br />
       Toujours en 1989, les autorités communistes chinoises tirèrent sur les manifestants de la place Tien An Men qui demandaient des réformes. La Chine avait choisi sa voie : celle des réformes radicales vers l'économie de marché tout en maintenant et durcissant son régime autoritaire. En Orient, la dictature campait sur ses positions et suivait sa propre voie.       <br />
              <br />
       Mais le sort en était jeté et "l'automne des peuples" a révélé le tournant radical qu'a pris le cours de l'histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un nécessaire retour sur l'histoire </b></div>
     <div>
      Afin de mieux évaluer la décision du gouvernement Gorbatchev de "laisser partir" les États satellites, il faut se référer à l'ouvrage qui avait annoncé les orientations politiques des 70 ans du régime soviétique. Cet ouvrage présentait l'histoire à partir de 1917 comme une phase de la révolution mondiale qui devait déboucher sur sa victoire totale. Le but du communisme mondial, à ce moment précis, était de consolider la dictature du prolétariat en URSS pour prendre le dessus sur l'impérialisme dans tous les pays. La révolution mondiale pouvait compter sur ses réserves principales, la dictature du prolétariat et la classe ouvrière de tous les pays, ainsi que sur la paysannerie des pays développés et les mouvements de libération dans les colonies et les pays dominés. Le but principal étant d'isoler la principale menace, la démocratie petite bourgeoise.       <br />
              <br />
       Cet ouvrage s'intitule Les Fondements du léninisme, écrit par Staline en 1924. C'était son œuvre préférée et elle figurait sans aucune modification dans toutes les éditions de ses œuvres choisies. Après la dénonciation du "culte de la personnalité", on n'a plus fait référence à Staline, mais dans tous les congrès du PCUS, les discours des dirigeants communistes conservaient l'idéologie, la structure et la logique de ce grand classique.       <br />
              <br />
       Y était en effet formulée une mission, indispensable au maintien des structures de l'État dans l'immensité de l'ancien empire russe. Selon cette mission, l'URSS devait faire la guerre, en commençant par la Révolution d'Octobre pour finir par la victoire tant attendue sur la démocratie occidentale. Une guerre – principalement – froide, mais une guerre tout de même, à laquelle participaient aussi bien les forces armées que la machine conspiratrice du Comité central et du KGB. Une guerre menée à travers des opérations spéciales et les financements secrets des partis et des terroristes. À la guerre comme à la guerre : tous les coups étaient permis. Le pays se voyait comme un camp retranché, assiégé, ce qui a constitué le principal facteur de stabilité de la société.       <br />
              <br />
       À vrai dire, tous les discours sur la mission historique de l'État soviétique avaient versé depuis longtemps dans le cynisme et la démagogie classiques. De toutes ces "forces" et "réserves" ne restait plus qu'un État surdimensionné et armé jusqu'aux dents. Alexandre Iakovlev, ancien secrétaire du Comité central du PCUS qui s'occupait des affaires étrangères du parti, a, plus tard, reconnu cette caractéristique en évoquant l'action du parti "Ce n'était qu'une petite partie d'un immense mensonge sur la force du mouvement communiste... qui n'existait pas, sur la force de l'édification du socialisme... qui n'existait pas, sur la force de la hausse du niveau de vie des travailleurs... qui n'existait pas, sur la force du développement de l'agriculture... qui n'existait pas, sur la force des capacités de défense contre un ennemi, indéterminé,– qui en réalité, n'existait pas non plus ".       <br />
              <br />
       Pourtant, les manifestations de l'unité du mouvement ouvrier international avaient lieu à chaque congrès du parti. Qui pouvait avoir besoin des communistes guadeloupéens ou réunionnais? Pourtant tous ces petits groupes recevaient secrètement des financements en dollars de la Gosbank [3] par l'intermédiaire de la 1ère direction générale du KGB. Lors des congrès du PCUS, leurs dirigeants venaient rendre compte des succès de leur lutte aux secrétaires des Comités régionaux et des héros du travail, puisqu'il fallait maintenir l'illusion de la mission historique universelle du régime soviétique. Sans destin providentiel, l'État redevenait simplement la Russie avec ses problèmes habituels et insolubles.       <br />
              <br />
       Les mouvements antioccidentaux et les nationalismes du tiers-monde constituaient une vraie ressource. L'URSS manifestait sa sympathie et sa solidarité totales à l'égard de chaque conflit religieux ou tribal qui pouvait être utilisé pour affaiblir les États-Unis et leurs alliés européens. La Kalachnikov devint le symbole de la présence soviétique dans les coins les plus reculés du monde. Mais le "devoir international" s'est transformé peu à peu en carcan, entraînant le pays dans des aventures hasardeuses, irréalistes et sans issue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les conséquences de l'effondrement de l'Union soviétique</b></div>
     <div>
      En renonçant à ses objectifs utopiques, le régime a perdu aussi sa légitimité et sa justification devant l'histoire et aux yeux de ses citoyens. Sans menace de guerre, l'unité fictive de tous les peuples s'écroulait.       <br />
              <br />
       La conséquence la plus importante de "l'automne des peuples" et de l'effondrement de l'URSS a été l'élimination de l'antagonisme armé entre les deux blocs. Le rôle de leader du mouvement antioccidental est tenu actuellement par le terrorisme fanatique des fondamentalistes musulmans. L'héritière en droit de l'URSS, la Fédération de Russie, se retrouve naturellement dans le camp des ennemis du terrorisme. Mais des facteurs subsistent qui poussent la Russie à la confrontation avec l'Occident.       <br />
              <br />
       La Russie a un temps cru dans les valeurs, les institutions et la stratégie de l'Occident, mais après la période Eltsine, un refroidissement progressif s'est opéré et la vision qu'avait le pays de lui-même a changé. De nos jours, la Russie, entrée dans le club des grandes nations, résiste farouchement aux tentatives prudentes de l'Occident de s'établir dans l'espace postsoviétique et d'élargir vers l'Est les institutions euro-atlantiques.       <br />
              <br />
       Comment expliquer une telle hostilité envers les organisations européennes, alors que la Russie s'autorise elle même beaucoup plus de contacts avec l'Occident? Il ne fait aucun doute qu'il ne s'agit pas réellement d'une préoccupation de sécurité, mais plutôt de la volonté de conserver les anciennes républiques de l'URSS dans sa sphère d'influence. En Géorgie, la Russie a prouvé qu'elle était prête à se lancer dans une véritable guerre pour atteindre son objectif.       <br />
              <br />
       La situation semble envenimée par des relents de Guerre froide. Le pire est que la relation à l'Occident, perçue comme adversaire potentiel, et surtout la relation à l'OTAN, présentée comme hostile, n'est pas un pur atavisme. C'est un phénomène politique inédit, engendré par le difficile processus d'intégration euro-atlantique des nouveaux Etats nés sur le territoire de l'ex-URSS et, avant tout, de la Russie elle-même. C'est à la fin de la Guerre froide que les événements ont pris un cours inattendu, qu'aucun scénario n'avait envisagé.       <br />
              <br />
       On a beaucoup débattu sur ce qu'implique l'appartenance à l'Occident, mais tout le monde s'accorde sur certains traits caractéristiques : l'Occident, c'est la civilisation qui repose sur une structure d'État-Nation, une démocratie parlementaire et une économie de marché équitable. L'entrée de l'Ukraine et d'autres États dans l'espace culturel, politique et économique de l'Europe suppose l'assimilation des standards et des principes de la cohabitation, qui se retrouvent dans les trois éléments énumérés ci-dessus. C'est un processus difficile qui se déroule différemment selon les pays de l'ex-bloc soviétique.       <br />
              <br />
       La plus grande surprise, aussi bien pour l'Occident que pour les initiateurs des réformes démocratiques dans l'ex-URSS, aura été la dégradation de l'économie.       <br />
              <br />
       L'instauration de l'économie de marché en Ukraine a une histoire singulière et fascinante, à la limite du roman policier. L'analyse du chemin effectué vers l'économie de marché et de toutes les erreurs commises par le gouvernement est complexe. Contentons-nous de citer un passage du livre Power and Prosperity [4] de l'économiste américain Mancure Olson : " Immédiatement après la Seconde Guerre mondiale, la plupart des spécialistes se sont accordés pour affirmer que l'Allemagne de l'Ouest, le Japon et l'Italie resteraient pauvres encore longtemps. Pourtant, les trois vaincus de l'Axe ont connu une croissance économique rapide. En revanche, après l'effondrement du communisme, les populations qui avaient subi toutes les absurdités économiques du système soviétique, ainsi que la majorité des observateurs occidentaux, s'attendaient à ce que l'activité économique reprenne rapidement. Tous les pays ex-soviétiques ont enregistré une chute de la production, sinon un krach économique, et le rétablissement s'est avéré très lent ".       <br />
              <br />
       Pourquoi en a-t-il été ainsi ? Une chose est certaine : le passage de l'économie administrée soviétique à un régime de libre concurrence s'est révélé bien plus compliqué que prévu. Les effets de la crise économique créent un environnement qui engendre une organisation sociale et politique d'un type nouveau.       <br />
              <br />
       L'événement décisif qui a changé la donne politique dans le monde a été la désintégration de l'URSS en plusieurs entités étatiques après la chute du mur de Berlin. Ce fut la première surprise pour les dirigeants occidentaux comme pour les autorités soviétiques.       <br />
              <br />
       Des documents sur les négociations entre Gorbatchev et les dirigeants occidentaux, restés secrets en Russie mais qui ont filtré progressivement à travers la presse, montrent que l'Occident ne s'attendait pas à l'effondrement de l'URSS et n'en soutenait ni les forces ni les tendances centrifuges. Margaret Thatcher ne souhaitait même pas la réunification des deux Allemagnes et tentait de convaincre Gorbatchev que toute modification des frontières pouvait entraîner une réaction en chaîne qu'il serait difficile de maîtriser. S'agissant de l'Ukraine, tout le monde se souvient sans doute que le président américain George H. Bush a tenté de persuader le Soviet Suprême ukrainien de renoncer à toute velléité d'indépendance. Même après l'échec du putsch, à la veille du référendum, sachant parfaitement que la majorité des Ukrainiens voteraient pour l'indépendance de leur pays, Bush avait téléphoné à Gorbatchev pour lui dire qu'il espérait le retour de l'Ukraine dans la constitution d'une nouvelle union. Le Chancelier allemand Helmut Kohl avait également parlé à Gorbatchev, l'invitant à s'abstenir de toute action qui "donne à l'Occident l'impression que l'URSS n'allait peut-être pas tarder à se désagréger". Mikhaïl Gorbatchev, initiateur de la perestroïka, était opposé à la liquidation de l'Union soviétique. Seul Boris Eltsine a incité les républiques de l'Union à "prendre toute la souveraineté dont elles seraient capables".       <br />
              <br />
       Les dirigeants occidentaux ont cru qu'il suffirait de proclamer le règne de la démocratie et de la liberté pour que tous les problèmes politiques soient réglés. Il est en fait apparu que la condition de la démocratisation de l'URSS était la liquidation de l'Empire. Les termes "démocrate" et "national-patriote" étaient perçus comme synonymes. Il y a encore peu, les partisans de l'indépendance de l'Ukraine étaient jugés comme d'ardents nationalistes, alors que pour les générations qui ont grandi ces deux dernières décennies, l'existence d'un gouvernement indépendant est une évidence, sur laquelle ils ne se posent même pas de question.       <br />
              <br />
       La contribution de la Russie à l'effondrement de l'Union Soviétique était peut-être moins attendue encore. C'est justement la proclamation de la souveraineté de la Fédération de Russie qui a déclenché une vague de déclarations similaires de la part des républiques soviétiques et une montée de l'opposition des élites régionales contre le Kremlin. Il se produisit alors une chose étrange : la nation russe qui, toutes les républiques de l'Union soviétique étant égales, était "la plus égale de toutes", proclama son indépendance sans que l'on sache par rapport à qui. La commémoration de ce jour était sans doute la plus irrationnelle de toutes. De nos jours, c'est la Journée de la Russie, ce qui révèle un changement important de la notion d'État: la Russie ne prétend plus être un empire, mais un grand État-Nation.       <br />
              <br />
       Lors de la période trouble qui a suivi le putsch, les élites régionales russes, Eltsine en tête, sont sorties victorieuses de l'affrontement contre le Kremlin. Les dirigeants régionaux du Parti communiste ukrainien en ont tiré parti pour neutraliser, depuis les environs de la ville reculée de Khoutor-Mikhaïlovski, l'effondrement politique général qu'ils redoutaient. C'est ainsi que s'est instaurée, pour une brève période, une sorte de compromis politique tacite entre forces communistes et anticommunistes, qui a conduit l'Ukraine à l'indépendance de manière démocratique et sans effusion de sang.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La Russie : Empire, Etat ou nation ?</b></div>
     <div>
      De qui ou de quoi s'est donc libérée la Russie en 1991? Il semblerait qu'il n'y ait qu'une seule réponse: du totalitarisme ou des vestiges du régime totalitaire. Pourquoi, alors, ces derniers temps, l'idéologie de la Russie met-t-elle de plus en plus en valeur l'image d'un Grand État, indissociable  du "généralissime Staline" ? Comment un "État-nation" sur le modèle européen peut-il assumer un passé totalitaire ? Ou peut-être s'agit-il là de phénomènes marginaux, inhérents  au processus de construction ?       <br />
              <br />
       La formation de nouveaux États appelle une nouvelle légitimité, la justification du pouvoir ne pouvant venir ni de Dieu ni du fantôme du communisme qui rôde en Europe. La légitimation par le concept de Nation et le recours à la solidarité national, furent tout à fait évidents pour tous les citoyens du nouvel État. Le problème était, et reste, "uniquement" de savoir si cette légitimation a un caractère européen.         <br />
       L'Union européenne est une communauté d'États qui ont soldé leurs contentieux. Une nation doit vivre en harmonie avec les autres et, avant tout, avec elle-même. Les principes de la coexistence des peuples, fondés sur le droit, sont définis par des accords internationaux, à commencer par la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948. Des divergences sur l'interprétation de l'histoire, qui peuvent diviser les peuples européens, apparaissent de temps à autre mais se règlent de façon équitable et honnête. Voilà qui ne va pas nécessairement de soi dans les nouveaux États qui s'édifient sur les ruines de l'URSS.       <br />
              <br />
       Pour la Russie, qui ne se considère plus comme un empire, même libéral, et qui ne peut pas être un État monoculturel et monoethnique, c'est une tâche extrêmement complexe. Finalement, la source d'inspiration a été, selon la terminologie sociologique, non pas la "nation-communauté", ou, pour le dire plus simplement l'"idée russe", mais les seules structures de la "nation-société", c'est-à-dire l'Etat. La mythologie nationale, hétéroclite mais efficace, réunit Staline, Denikine et Koltchak, ainsi que des héros de la Tcheka et des martyrs de l'Église orthodoxe.       <br />
              <br />
       Des questions analogues ont surgi en Ukraine. Il est vrai que la tradition étatique y étant faible, il est beaucoup plus simple de les régler sur une base ethnoculturelle. Pourtant l'histoire ukrainienne n'est pas moins composite, regroupant Bogdan Khmelnitski et Ivan Mazepa, ainsi que des héros soviétiques de la Seconde Guerre mondiale avec Bandera et Choukhevytch.       <br />
              <br />
       Au début du XIXe siècle, la Russie a officiellement précisé le sens des mots "rodina" et "ottchizna" [5]. Le premier, nouveau terme inventé par Karamzine, désignait ce qu'on appelait parfois la "petite patrie", c'est-à-dire le lieu où l'on est né et a grandi. De son côté, "ottchizna" faisait référence au pays-empire. Le polonais distinguait également les deux notions, mais l'ukrainien ne possédait qu'un mot pour "rodina", et il emprunta le terme "ottchizna" au russe. L'énumération des torts de Mazepa dans le poème de Pouchkine "Poltava", que lui-même appela une fois "barabannaïa" [6], se termine par le plus grave : "il n'a pas d'ottchizna". Le refus de partager une "ottchizna" commune est considéré comme le pire des crimes, une turpitude, une trahison.       <br />
              <br />
       On ne peut vivre en bonne entente avec un État qui entretient officiellement ce genre de rapports envers un voisin indépendant et souverain. On ne peut admettre sans broncher ces offenses éculées contre la culture ukrainienne. C'est ainsi que les questions d'ordre académique portant sur l'histoire deviennent des problèmes politiques.       <br />
              <br />
       Réexaminer l'histoire est indispensable. Par ailleurs, l'idéologisation et la politisation des questions relevant des domaines culturels et académiques (et le fait de les laisser aux seuls hommes politiques), menacent sérieusement la démocratie, la science et la culture. Permettre un réexamen de l'histoire, qui ne conduise pas au contrôle des esprits et ne perpétue pas des dogmes partisans sous forme d'une "conception nationale unique", est une tâche qui ne peut être accomplie que sur la base d'une analyse scientifique impartiale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Autocratie et démocratie : quels enjeux pour la Russie et pour l'Ukraine ?</b></div>
     <div>
      Parlons, enfin, de la démocratie.       <br />
              <br />
       La démocratie ne naît pas de sa proclamation par des leaders charismatiques. La démocratie est une institution ou, plus précisément, un système d'institutions. Son développement nécessite un équilibrage des structures mûrement réfléchi, qui a pris plusieurs siècles en Europe. Tout au long de son histoire, l'Ukraine a été davantage liée à la Russie que l'on veut l'admettre, ce qui explique ses difficultés actuelles à construire un État.       <br />
              <br />
       À l'époque des tsars et sous le régime soviétique, le pouvoir central se distinguait nettement des pouvoirs exercés à l'échelon provincial et régional. Sans parler de la répartition des prérogatives, que l'on observe aussi en Europe, la spécificité du problème russe tenait au fait que le centre bénéficiait de pouvoirs extrêmement étendus tandis que les élites régionales étaient beaucoup plus limitées dans leur champ de compétences et la distance entre les deux était importante. Seul, un petit groupe de privilégiés était autorisé à pénétrer les arcanes du sommet de l'État et les leviers du pouvoir étaient pratiquement tous concentrés dans les mains d'un seul homme, que l'on pourrait qualifier d'autocrate.       <br />
              <br />
       L'Europe a, elle aussi, expérimenté ce système. C'est d'ailleurs un souverain européen qui a prononcé la phrase célèbre: "L'État c'est moi". Le pouvoir absolu n'était, et n'est toujours, que pure illusion, car aucun autocrate ne peut s'imposer aux autorités locales. Le pouvoir absolu engendre l'impunité, tant au niveau de l'État qu'au niveau local. Et si l'Europe a su échapper au despotisme et au chaos, c'est grâce au partage du pouvoir et au contrôle démocratique par la base.       <br />
              <br />
       L'autocrate exerce un pouvoir formellement illimité, dont il est la source même, et qu'il doit partager avec les élites régionales pour le conserver. Cela se traduit depuis toujours par un accord tacite selon lequel les élites locales détiennent les pleins pouvoirs à leur niveau en contrepartie de leur soutien à l'autocrate, auquel elles laissent entière latitude pour intervenir au niveau de l'État. C'est cette analyse que Gorbatchev faisait du régime de Brejnev, qu'il comprenait parfaitement "de l'intérieur". L'autocrate renforce son autorité par des rites et des mythes sur sa mission historique personnelle et fait en sorte d'imputer aux élites régionales la responsabilité des défaillances. C'est ainsi que s'est  constitué, notamment en Russie, le schéma traditionnel du "bon tsar" contre les "méchants boyards". En détournant la colère des masses sur les barons locaux, ce système garantit la stabilité interne, même en période de crise.       <br />
              <br />
       Il y a peu, l'hebdomadaire Zerkalo Nedeli publiait un article d'Alexeï Moustafine, "Notre Ukraine telle qu'au Moyen-Âge", qui comparait l'organisation du pouvoir actuel à l'ordre féodal. Au-delà de la métaphore journalistique, ce type de parallèle audacieux doit être pris très au sérieux, car dans les situations de crise, les archaïsmes du pouvoir constatés dans les sociétés primitives ressurgissent au grand jour.       <br />
              <br />
       La Russie a procédé dans la violence à des mutations radicales de ses structures de pouvoir. Pour abattre ses adversaires communistes, Eltsine a dû s'appuyer sur les dirigeants des régions, qui ont confisqué le pouvoir local. S'est alors posé la question  de l'unité de l'État. Pour contrôler le pouvoir des régions, il a suffi en fin de compte d'introduire des partis politiques nationaux dépendant étroitement du centre dans les organes législatifs provinciaux. C'est ainsi que s'est formé en Russie ce que l'on peut qualifier d'autoritarisme électoral, l'autocrate tirant désormais sa puissance des élections, expression de la volonté du peuple. La comparaison avec les démocraties occidentales s'arrête là. Le résultat des élections dépend dans une large mesure des partis politiques sous influence de l'autocrate, et des "fraudes" des autorités régionales, que l'on appelle poliment "ressources administratives". À l'issue de ce processus pseudo-démocratique, le régime autoritaire peut se perpétuer. Ce système favorise le parti unique et la désignation par le président de son successeur, que le pouvoir fait entériner par le biais d'élections. Le rôle de garant de la Constitution que doit assumer le président n'a alors plus beaucoup de sens. L'indépendance du pouvoir judiciaire, les droits de l'Homme et la liberté d'expression dépendent totalement du bon vouloir de l'autocrate et des élites régionales.       <br />
              <br />
       L'absence de conformité de l'autocratie électorale au régime démocratique, selon les standards européens, constitue la source des tensions qui surgissent entre la Russie et l'Occident. C'est aussi de là que viennent les problèmes dans les relations entre la Russie et l'Ukraine.       <br />
              <br />
       L'Ukraine s'est engagée dans la voie de l'autocratie électorale avant de se raviser. La faiblesse des élites centrales, qui commençaient juste à se former après la déclaration d'indépendance et l'équilibre entre groupes, qui se transformaient à peine en partis politiques, ont contribué, selon l'avis général des experts, à l'abandon de l'autocratie électorale en Ukraine. Le régime ukrainien est relativement plus souple et libéral, non en raison d'une plus grande maturité des institutions démocratiques, mais de la faiblesse des tendances autocratiques. Cependant, cela suffit à la Russie pour se comporter vis-à-vis de l'Ukraine en 2009, comme l'URSS l'a fait avec la Tchécoslovaquie en 1968.       <br />
              <br />
       Le mérite de la Révolution orange est d'avoir empêché la tentative du président de nommer son successeur, preuve indéniable d'autoritarisme. Le président n'aura désormais plus grande influence sur le choix du successeur. En revanche, les questions relatives à la répartition des compétences entre les autorités centrales, aux pouvoirs locaux et à la réforme judiciaire restent d'actualité et ne sont toujours pas résolues. Si les intrigues et scandales politiques, ainsi qu'une gestion inefficace ont porté atteinte à la démocratie ukrainienne, celle-ci a tout de même réussi à se maintenir.       <br />
              <br />
       Toutefois, certains événements, qu'ont révélés les mises en cause réciproques, témoignent de l'instabilité de la démocratie en Ukraine et du risque que surviennent des drames.       <br />
              <br />
       L'"affaire Gongadze" en est un exemple frappant. On ne sait toujours pas qui sont les commanditaires de l'assassinat de ce journaliste [7]. L'opinion publique s'intéresse essentiellement au meurtre et à ceux qui l'ont commis, mais beaucoup moins à la signification politique du scandale. De ce point de vue, ce qui importe le plus, c'est l'existence même d'"escadrons de la mort" dans les bas-fonds des structures dirigeantes, car elle traduit une évolution vers une dictature incontrôlée. Ainsi, chaque opposant au régime pourrait finir dans un cimetière abandonné, comme s'est achevée la vie de Georgui Gongadze.       <br />
              <br />
       L'affaire du député Lozinski est un autre scandale ayant la même signification fondamentale [8]. Il ne s'agit pas d'un cas de corruption au sein des partis, les responsables politiques régionaux n'étant pas de taille pour ce faire, mais d'une manipulation par les partis. Il est en fait question de ce que représentent les autorités locales. Sans doute ne connaissons-nous pas, le tableau dans toute sa réalité, mais il pourrait être bien plus terrible qu'on ne croit.       <br />
              <br />
       Nous devons nous rendre compte que la déception massive provoquée par la démocratie nationale, qui se trouvait au pouvoir au plus fort de la crise financière et économique, n'a fait que renforcer les tendances à l'autocratie électorale, inhérentes à tout régime pour qui l'État de droit n'est pas traditionnel. Si l'Ukraine compromet son avenir démocratique, elle perd tout espoir d'échapper à la dérive vers le tiers-monde.       <br />
              <br />
       L'Ukraine, du fait de son aspiration historique à l'indépendance, même anarchique, n'est pas tentée par le mirage du "bon tsar". En revanche, elle peut croire en un bon maître raisonnable. N'oublions pas que Nicolas II, dernier autocrate de Russie, lorsqu'il remplissait la rubrique "profession" d'un questionnaire, indiquait "maître de la terre russe".       <br />
              <br />
       Il ne nous reste plus qu'à espérer que le mur de Berlin se soit définitivement écroulé. Pas seulement à Berlin, mais aussi dans nos têtes.       <br />
               <br />
               <br />
       <span style="font-style:italic">Traduction du russe par Florence Delahoche, revue par Philippe de Suremain et Marc-Antoine Eyl-Mazzega.</span>
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     <br style="clear:both;"/>
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      [1] Cette contribution a d'abord été publiée par l'hebdomadaire ukrainien Zerkalo Nedely dans son édition du 31/10-06/11/2009, sous le titre original: "Развалины берлинской стены. Двадцать лет спустя"       <br />
       [2] Chambre basse du Parlement polonais.       <br />
       [3] La banque d'État de l'URSS.       <br />
       [4] Mancure Olson, Power and Prosperity: Outgrowing Communist and Capitalist Dictatorships, Basics Books, New-York, 2000. En français: Pouvoir et prospérité des nations.       <br />
       [5] Ces deux mots signifient patrie.       <br />
       [6] Que l'on pourrait traduire par " martelant ".       <br />
       [7] Ce journaliste, qui a défié le régime du président Koutchma en créant un site Internet d'informations critiques et d'investigation, a été assassiné en 2000. Les commanditaires de l'assassinat seraient des membres hauts placés de l'exécutif de l'époque. Les enregistrements Melnytchenko, du nom de l'ancien garde du corps présidentiel qui a réalisé des écoutes secrètes dans le bureau présidentiel, ont même désigné le président Koutchma personnellement.       <br />
       [8] Ce député du parti BiUT de Ioulia Tymochenko, est soupçonné par le Procureur général ukrainien d'être responsable de coups et blessures aggravées dans l'enquête sur la mort suspecte en juin 2009 de Vitalyi Olyinika, un responsable local de la milice et procureur local. Au départ, il a été entendu comme témoin, mais le suicide déclaré de Vitalyi Olynika n'en serait pas un.
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      La <a class="link" href="http://www.robert-schuman.eu/">Fondation Robert Schuman</a>, créée en 1991 et reconnue d'utilité publique, est le principal centre de recherches français sur l’Europe. Elle développe des études sur l’Union européenne et ses politiques et en promeut le contenu en France, en Europe et à l’étranger. Elle provoque, enrichit et stimule le débat européen par ses recherches, ses publications et l'organisation de conférences. La Fondation est présidée par M. Jean-Dominique GIULIANI.
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   <link>http://www.chretiensenpolitique.eu/Les-vestiges-du-mur-de-Berlin,-vingt-ans-apres-quels-enjeux-pour-la-Russie-et-l-Ukraine_a2192.html</link>
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   <title>Haïti: à qui donner en toute sécurité ?</title>
   <pubDate>Fri, 15 Jan 2010 15:38:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Communiqué de l'ACEP]]></dc:subject>
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      <img src="http://www.chretiensenpolitique.eu/photo/1819117-2480512.jpg" alt="Haïti: à qui donner en toute sécurité ?" title="Haïti: à qui donner en toute sécurité ?" />
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      Haïti a besoin de nous tous. L'ACEP s'associe à La-croix.com et Notretemps.com  qui publient  une <a class="link" href="http://www.notretemps.com/votre-argent/10001526-solidarite-haiti-dons-securite-.html?start=1">liste d'associations et d'ONG</a> auprès desquelles vous pouvez faire un don , en toute sécurité, pour soutenir les actions d'urgence en faveur des sinistrés.       <br />
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