De nombreuses commissions d’étude rassemblant dans la période pré et post conciliaire Vatican II laïcs, prêtres et cardinaux ont conclu à leur grande majorité la nécessité pour l’Eglise d’actualiser sa position dans le domaine de la morale conjugale
Malgré cela, influencé notamment par le cardinal Ottaviani et le cardinal Wojtyla ! le pape Paul VI signe le 25 Juillet 68 l’encyclique ‘Humane vitae’ qui réaffirme bien le primat de la vie et le choix parental, mais à propos de la contraception, se retrouve en opposition complète avec les conclusions de la commission qu’il avait chargée de préparer le sujet.
Le seul recours restant permis est celui d’espacement des naissances basé sur le rythme naturel.
Le respect de la loi naturelle si chère à notre pape Benoît XVI reste ambigu. S’il n’est jamais permis même pour de graves raisons de rendre un acte conjugal infécond, pourquoi permettre le choix volontaire de jours inféconds ? Ce n’est même pas ambigu, mais tout simplement hypocrite.
Je cite les orientations proposées par Catherine Grémion et Hubert Touzard dans leur livre :
‘L’Eglise et la contraception, l’urgence d’un changement’ :
« Détacher les couples chrétiens de la culpabilité permanente née d’un corps de préceptes étroits et inadaptés. Mais cela ne pourra se faire que dans la promotion d’un comportement adulte, et non dans une infantilisation constante par la soumission à une réglementation ressentie comme injuste et incompréhensible. Il est urgent que l’Eglise en son centre et non seulement par des actions périphériques, ait le courage de retrouver une parole claire et acceptable tout en conservant une ouverture à l’essentiel. Une association forte de laïcs à une telle formulation ferait partie de l’émergence d’un mode de pensée propre au XXIème siècle. C’est notre espoir le plus ardent. »
Ce livre a été publié en 2006. J’en trouve les propos presque trop mesurés. Depuis, rien ne bouge vraiment à ma connaissance. Alors je vais me permettre de crier plus fort.
Pendant ce temps des milliers de jeunes, surtout en Occident continuent de quitter l’Eglise sur la pointe des pieds. Le désintérêt gagne, même si la foi des plus fidèles se raffermit, parfois même au risque du fondamentalisme.
On nous dit dans les synodes régionaux de ne pas avoir peur de jeter nos filets au large. Nous serions certainement plus convaincant si leur structure n’en était pas si mitée.
On nous dit encore : Oui tout cela c’est l’idéal ; à chacun en couple de faire au mieux selon sa conscience. C’est bien facile, on tombe dans un relativisme que le même Benoît XVI condamne.
Eh bien messieurs les responsables ordonnés, Je fais partie de ceux qui ne peuvent plus supporter ce double langage. Je le communique en tant que membre baptisé de notre Eglise, ce qui m’en donne le droit et le devoir.
Comment voulez-vous que vos admirables appels à l’amour partagé au don de soi entre époux soient perçus quand vous faites tout pour que notre religion soit ressentie comme instrument de répression de la sexualité dans un imbroglio d’interdit et de permis.
Le père Congar écrivait :’Je suis célibataire et n’ai guère compétence en un domaine dont je n’ai pas l’expérience’
Avez-vous par ailleurs bien pris la mesure de votre responsabilité ? Pensez-vous que le milliard et demi de sous développés, sous instruits, mal nourris soit capable de discernement en couple pour choisir l’ascèse et la continence ? Est-ce raisonnable, est ce simplement décent ? Le planning familial, notamment dans les pays les plus peuplés et les plus pauvres est l’une des données incontournables du problème écologique de notre siècle. Si les choix qu’il induit doivent rester du domaine du couple et non des Etats, faudrait-il encore que ces couples en aient la capacité.
On me répondra : ‘Priez, ayez confiance’ ou bien ‘respectez le magistère’. Je garde une foi profonde en Christ et en son évangile ; qu’a-t-il dit à ceux qui voulaient jeter des pierres sur la femme adultère ?
Cette question de la contraception n’est pas le seul malentendu actuel.
Il n’est pas question de remettre en cause l’essentiel du dogme. Mais je vous en supplie messieurs les évêques, pour que nous puissions remplir notre mission de baptisés, pour notre participation à la co-création et l’avènement du royaume, malgré l’immobilisme et la complaisance attentiste du plus grand nombre des catholiques, il y a urgence et danger ; il faut faire bouger l’institution.