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Samedi 31 Juillet 2010
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La Constitution européenne est parvenue à sa phase finale, celle de la ratification par les différentes nations. Une inquiétude nous étreint cependant. Un pays aussi important que la France a lancé un référendum qui s’annonce mal. Les sondages pronostiquent en effet le non, mais ils révèlent aussi que les catholiques pratiquants sont plutôt du côté du oui. Ce n’est pas étonnant, car ce texte a manifestement une tonalité chrétienne. La COMECE, Commission des Épiscopats (catholiques) de la Communauté européenne, l’a d’ailleurs fait remarqué dans un important document publié pour soutenir ce traité constitutionnel. Cette même commission était montée au créneau pour souhaiter que, dans le préambule de ladite constitution, une référence explicite au christianisme fût inscrite. Le Vatican avait également pesé de tout son poids. Bataille perdue (mais l’héritage religieux y est quand même cité). Les évêques sont cependant bons perdants! Même s’ils n’ont pas obtenu cette mention, ils reconnaissent la valeur du texte. Ils y discernent le fruit de l’héritage chrétien: la dignité humaine, la liberté (notamment religieuse), la démocratie, l’égalité, l’État de droit, le respect des droits de l’homme… Ils se réjouissent également que soit institutionnalisé un “dialogue ouvert, transparent et régulier” avec les Églises (le fameux article I, 52).
Est-ce un hasard si la couleur de ce texte est franchement chrétienne? Pas vraiment. Les pères de l’Europe étaient des chrétiens de conviction (le procès de béatification de Robert Schuman est d’ailleurs engagé). De plus, on peut reconnaître, comme le fait l’agnostique Régis Debray, qu’en Europe, la matrice chrétienne s’est reproduite culturellement même chez les “anti-chrétiens” (La Croix 19 nov. 2004). “Tous les chrétiens sont donc invités à prendre leurs responsabilités en mettant en pratique le nouveau traité constitutionnel et en le faisant fonctionner”, peut-on lire dans le document des évêques. Il n’y a plus qu’à espérer que la France le ratifiera et que ces valeurs ne resteront pas confinées à l’Europe. C’est par un dialogue incessant avec le reste du monde – dialogue soucieux de justice et de solidarité – que celles-ci pourront, par contagion, se propager. Charles Delhez Charles DELHEZ
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